Affaire-Bunyoni : ses anciens sujets suspectent tout
Le vendredi 14 juin 2024 s’est déroulé un incident à la prison centrale de Gitega (capitale politique) où l’ancien premier ministre burundais Alain Guillaume Bunyoni et patron de la PNB ( Police nationale du Burundi) est détenu depuis juillet 2023. La police a brûlé les uniformes de prisonniers que l’épouse du détenu le plus surveillé et dangereux de la petite nation de l’Afrique de l’est allait laver à son domicile. Elle avait refusé que ces vêtements soient fouillés. (SOS Médias Burundi)
Même s’il est très surveillé jour et nuit dans un compartiment de deux cellules isolées qu’il ne partage avec personne puisque son ancien voisin, l’homme d’affaires Amédée Bwimba est libre depuis le 31 mai dernier après avoir versé une caution très importante, le général Bunyoni reçoit de la visite de sa femme et de sa fille aînée notamment, en plus d’un groom qui lui prépare à manger.
Vendredi dernier, un incident s’est produit à la prison centrale de Gitega quand Hyacinthe Niyonkuru s’apprêtait à rentrer. Comme d’habitude, une policière en charge de la fouiller avant de quitter la prison était postée à l’entrée principale de cette prison.
« Quand elle a fouillé, elle a remarqué que la femme de Bunyoni avaient des uniformes des prisonniers (condamnés) dans son sac. La femme de Bunyoni a refusé de donner ces habits à la policière ce qui a créé une petite bagarre. L’adjoint de la directrice a été appelé mais a tranché que ces habits ne doivent pas être emmenés en dehors de la prison. Hyacinthe est restée là-bas jusqu’à ce que la directrice de la prison vienne », disent des témoins.
Quand la directrice est venue, elle a soulevé plusieurs questions, selon nos sources.
« Pourquoi tu veux partir avec ces vêtements de prisonniers ? Est-ce que tu lui as donné d’autres uniformes de rechange qu’il peut porter s’il arrive qu’il sorte pour comparution ou aller se faire soigner? a posé des questions Josiane Nishimwe à la femme de Bunyoni.
Hyacinthe Niyonkuru a répondu que « c’est nous qui les avons achetés » sans pouvoir donner d’autres explications.
La directrice et ses services ont alors proposé à la femme de Bunyoni de leur remettre ces vêtements pour qu’ils soient conservés au bureau de Josiane Nishimwe mais la concernée a rechigné.
« Les services de la prison ont fini par brûler ces uniformes sur place », disent des témoins qui se demandent pour quelles raisons elle insistait pour « ramener ces vêtements à la maison alors qu’ils peuvent être lavés ici ».
Le plus dangereux et surveillé détenu de la petite nation de l’Afrique de l’est est isolé dans une cellule de trois portes. Les six clés de cette cellule sont gardées par le commissaire provincial de la police à Gitega, le représentant local du SNR (Service national des renseignements) et la directrice Nishimwe. Mais cela n’empêche pas à l’ancien rebelle Hutu de se procurer des téléphones notamment.
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Avant de voir son mari le même vendredi, un autre incident s’était produit. Hyacinthe Niyonkuru a dû attendre durant longtemps. Normalement, elle doit être fouillée par une policière de rang de brigadier mais elle a refusé arguant que « tu veux me toucher alors que tu ne t’es même pas lavée les mains ». La policière est partie pour ne plus revenir et ce n’est qu’après un long moment d’attente qu’est venue l’une de ses subalternes pour s’occuper de la tâche.
Il y a quelques jours, le célèbre activiste burundais Pacifique Nininahazwe en exil aujourd’hui, a publié un autre incident qui s’est passé à la même prison quand l’une des filles de Bunyoni lui rendait visite. Joy Akimana a été contrainte de se déshabiller pour avoir accès à son père, le 22 mai dernier.
Alain Guillaume Bunyoni a été condamné à la prison à vie en décembre 2023 par le premier juge de la cour suprême du Burundi. Il a interjeté appel au second degré de la même cour. Le 28 mai dernier, les plaidoiries ont été clôturées. Le président de la cour suprême, Emmanuel Gateretse a annoncé que la décision des juges sera communiquée dans un délai ne dépassant pas un mois, conformément au code de procédure pénale en vigueur au Burundi.
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Photo : l’ancien premier ministre Alain Guillaume Bunyoni et sa femme Hyacinthe Niyonkuru dans une cérémonie religieuse à Rutana au sud-est du Burundi, le 22 novembre 2020, crédit photo : RTNB
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