Rutana : de lourdes peines pour les militaires qui ont refusé d’aller combattre aux côtés des FARDC
Des peines allant de 22 à 30 ans de prison ferme et des amendes de 500 dollars américains ont été prononcées contre 272 militaires qui ont refusé d’aller combattre aux côtés des FARDC contre le M23. Deux détenus ont été acquittés.
INFO SOS Médias Burundi
Les militaires concernés sont arrivés à la prison centrale de Rutana au sud-est du Burundi les 18 et 23 mai dernier. Ils y ont été transférés en provenance de six prisons de la petite nation de l’Afrique de l’est. Il s’agit des maisons pénitentiaires de Bururi et Rumonge ( sud-ouest), Muyinga et Ngozi ( nord-est), Muramvya et Ruyigi ( centre-est). Ils ont comparu devant la première instance de l’auditorat militaire en itinérance à Rutana.
» Le procès s’est déroulé dans une salle qui a été aménagé à cette fin entre le 18 et le 22 juin dans les bureaux du gouverneur de Rutana », disent des témoins.
Selon des sources militaires et proches des détenus, les condamnés ont été classés en trois catégories. Le premier groupe a écopé d’une peine de 22 ans d’emprisonnement, le second devrait purger 25 ans de prison au moment où le troisième groupe a été puni d’une peine de 30 ans de prison ferme. Les trois groupes devront également verser une amende de 500 dollars américains. Dans un premier temps, ces militaires avaient été signifiés qu’ils sont poursuivis pour » complot et révolte ». Une seule charge a été retenue contre ces éléments de la FDNB( Force de défense nationale du Burundi) qui ont refusé d’aller combattre aux côtés de l’armée congolaise.
» Mais le juge nous a dit que nous sommes accusés de révolte seulement. Ce qui est un peu insensé car il ne peut pas y avoir de révolte sans complot je suppose « , estime un condamné.
SOS Médias Burundi n’a pas pu avoir les chiffres exacts qui constituent chaque catégorie.
Un seul détenu était assisté d’un avocat. Il est dans la catégorie des prisonniers qui ont été condamnés à 25 ans de prison ferme. Deux militaires ont été acquittés. Les 272 militaires ont la chance de faire appel contre la décision de la première instance de la justice militaire de la petite nation de l’Afrique de l’est.

Enterrement du major Ernest Gashirahamwe, le premier haut gradé de la FDNB à avoir été tué dans le Nord-Kivu, le 16 novembre 2023 à Bujumbura
Le Burundi et la RDC ont signé un accord bilatéral permettant aux forces burundaises d’intervenir au Congo. Entre septembre 2023 et janvier 2024, plusieurs militaires burundais dont des officiers supérieurs ont été tués dans la province du Nord-Kivu à l’est de la RDC.
Jusqu’à présent, les autorités burundaises n’ont jamais fait de communication officielle sur cette affaire. L’armée burundaise dispose encore des hommes dans les deux Kivu, le sud et le nord. Ils opèrent dans le cadre de cet agrément bilatéral.
Le M23 est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant au gouvernement congolais de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants. Les autorités congolaises restent persuadées qu’elle bénéficie du soutien du Rwanda, ce que le gouvernement rwandais ne cesse de nier , chargeant de son côté les dirigeants congolais de collaborer avec les génocidaires rwandais FDLR en leur fournissant des uniformes, armes et munitions dans le but de « déstabiliser le territoire rwandais ».
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Des militaires burundais dans un défilé en marge de la célébration de l’indépendance du Burundi, le 1er juillet 2023 à Gitega
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