Uvira : les enfants de Burundais installés dans les sites de transit exposés à plusieurs risques
La plupart des familles burundaises sont installées dans ces sites pendant plus d’une année. C’est la même période que leurs enfants en âge de scolarité viennent de passer à la maison. Ils s’adonnent à la mendicité notamment. (SOS Médias Burundi)
Les camps de transit concernés sont basés à Kavimvira, Sange et Mongemonge, en province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo. Des parents parlent d’un grand retard pour leurs enfants en âge de scolarité. Innocupés, les mineurs choisissent de sortir des campements pour aller mendier dans les villes de Baraka et Uvira ainsi que dans le centre de Sange.
« Le soir comme la journée, des garçons et filles mendient dans la rue, d’autres vont dans les restaurants ou toquent sur chaque maison, cherchant à manger », a remarqué un reporter SOS Médias Burundi.
Enock.N (10 ans) vient de passer une année dans un centre de demandeurs d’asile. SOS Médias Burundi a rencontré ce garçon originaire de la province de Cibitoke au nord-ouest du Burundi en compagnie d’une trentaine d’autres enfants en train de quémander. Ils sollicitent l’aumône chez tout passant, tout automobiliste ou motocycliste.

Les jeunes âgés comme Yves Ndayizeye, natif de la commune de Nyanza-Lac en province Makamba (sud du Burundi) de leur côté, préfèrent aller se faire embaucher par la communauté locale pour gagner la vie. Le jeune Ndayizeye est employé par une association qui s’est lancée dans l’extraction de moellons et sable.
« Cela m’aide à ne plus être dépendant de qui que ce soit », dit-il.
Impuissance des parents
Christine est mère de sept enfants. Elle dit que les enfants de Kavimvira, un centre qui abrite plus de 3 000 Burundais, n’ont aucun autre choix que d’aller demander l’aumône. La plupart de parents qui se sont confiés à SOS Médias Burundi disent être fatigués.
La société civile locale est préoccupée par ces enfants mendiants.
« Ils sèment le désordre dans les rues et les ménages », estiment ses représentants. Normalement, les occupants des sites de transit devraient avoir rejoint le camp de réfugiés de Mulongwe (même région). La Commission nationale en charge des réfugiés, antenne d’Uvira parle d’un retard lié à la coupure de la circulation sur l’axe qui relie Uvira à Fizi, le territoire sur lequel est installé ce camp qui héberge plus de 15.000 réfugiés burundais. Cette coupure a été causée par le débordement du lac Tanganyika. Le Sud-Kivu compte plus de 41.000 réfugiés burundais qui ont fui pour la majorité, la crise de 2015 née d’un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza au printemps de cette année-là
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Photo : des enfants affamés dans un site de demandeurs d’asile burundais dans le Sud-Kivu, juin 2024 .© SOS Médias Burundi
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