Bujumbura : des Imbonerakure font le porte-à-porte pour collecter des contributions « forcées » pour le parti au pouvoir

Bujumbura : des Imbonerakure font le porte-à-porte pour collecter des contributions « forcées » pour le parti au pouvoir

Ils toquent à toutes les portes, quartier par quartier, boutique par boutique, magasin par magasin, bar par bar …, bref toute personne exerçant n’importe quelle activité doit être visitée, selon un des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti CNDD-FDD) pour verser une contribution financière pour la campagne électorale de l’an prochain. La pratique concerne aussi d’autres régions du Burundi. Les militants d’autres formations politiques demandent à ce que ce soient les membres du parti au pouvoir seulement qui donnent ces contributions. (SOS Médias Burundi)

Ces membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD circulent avec des carnets de reçus et stylos à la main. Ils sont accompagnés d’un administratif qui supervise les activités. Il se met quelque part pour identifier des habitants qui rechignent à donner cette contribution.

Chaque reçu est pour 1000 francs burundais mais ceux qui veulent peuvent donner plus.

Selon un Imbonerakure rencontré dans un quartier du nord de la ville commerciale Bujumbura, le parti est en train de collecter des fonds pour la campagne électorale de 2025, comptant pour les législatives.

« Tous les habitants de la ville de Bujumbura sans distinction doivent donner cette contribution à ce parti puisque c’est ce parti qui gouverne et à qui on est redevable. Qu’on soit membre ou pas », a-t-il fait savoir.

Il ajoute qu’il ne fait que collecter cette contribution sans toutefois connaître beaucoup de détails sur cette activité.

Certains habitants dénoncent ces contributions « forcées » et se demandent si d’autres partis politiques seront autorisés à faire la même chose le jour où ils décideront de recueillir des dons et fonds.

Lors de la collecte, les administratifs à la base et les Imbonerakure procèdent à l’identification des ménages et personnes qui s’acquittent des cotisations.

Ceux qui refusent de céder à cette collecte « forcée » redoutent des représailles.

LIRE AUSSI :

Certains habitants de la ville de Bujumbura avec qui nous nous sommes entretenus refusent de payer des fonds pour un parti dont ils ne sont pas membres.

La même mobilisation des fonds n’épargne pas également les ménages-chômeurs.

Les chefs des différents services de l’Etat ont reçu l’ordre de percevoir des cotisations auprès de leurs subalternes mais aussi de convaincre ceux qui tenteraient de ne pas donner cette contribution, selon une source proche du parti au pouvoir.

L’opération de collecte de ces contributions « forcées » a commencé le 19 août 2024 et devrait se clôturer le jeudi 29 août 2024.

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Photo : un reçu accordé aux personnes qui s’acquittent des cotisations perçues par les Imbonerakure et administratifs locaux dans la ville de Bujumbura, le 25 août 2024 © SOS Médias Burundi

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