Nyarugusu (Tanzanie) : distribution d’une farine de mauvaise qualité
La ration du mois de janvier semble être inconsommable aux yeux des réfugiés burundais et congolais du camp de Nyarugusu en Tanzanie. Il s’agit des grains de maïs presqu’à moitié moulus. Déception totale chez les bénéficiaires. (SOS Médias Burundi)
L’an 2025 n’a pas bien débuté au camp de Nyarugusu situé dans le nord-ouest de la Tanzanie. Les réfugiés qui attendaient impatiemment la ration du mois de janvier, distribuée en retard, sont déçus par la très mauvaise qualité de farine de maïs reçue.
« Ce n’est vraiment pas une farine ! C’est plutôt des grains à moitié moulus ! Dans 5 kg, tu peux extraire difficilement 3 kg avec un tamis. Et donc, on perd facilement plus de la moitié de la quantité reçue », explique une mère congolaise.
La farine douteuse a aussi une mauvaise odeur et renferme plusieurs grains de sable, selon des Burundais qui ont été approvisionnés en premier.
Habitués au « harcèlement et traitement inhumain», des réfugiés burundais affirment qu’ils croyaient que « c’est une punition qui nous est réservée ».
Quand ils ont constaté que c’est le « même gâchis », ils ont compris que la situation concerne tous les occupants du camp de Nyarugusu.
Cette semaine, Burundais et Congolais ont décidé d’organiser un sit-in et ont présenté cette farine « inconsommable » au bureau du PAM ( Programme Alimentaire Mondial) et du président du camp.
« Nous y avons mis au moins une dizaine de sacs remplis de cette mauvaise qualité de farine. Nous leur avons demandé de goûter aussi à cette farine et signifié que nous craignons pour notre santé. Ils nous ont dit que nous devons attendre la prochaine distribution car les stocks sont vides », soulignent des représentants de réfugiés qui ont emmené les sacs de farine aux responsables du camp et du PAM.
Ils indiquent qu’ils ne vont pas tenir tout un mois et exigent une nouvelle distribution en assistance alimentaire.
Ces réfugiés estiment qu’il est inconcevable qu’une agence des Nations-Unies puisse distribuer de la nourriture de très mauvaise qualité aux réfugiés alors qu’elle est le garant de la vie de ces derniers.
Ils soupçonnent qu’il y aurait eu de la corruption dans la passation du marché d’approvionnement car, estiment-ils, « personne ne peut réceptionner des centaines de tonnes d’une telle mauvaise qualité sans s’en rendre compte ».
Ils appellent le HCR à s’impliquer pour trouver une solution à cette problématique.
Le camp de Nyarugusu, abrite plus de 110. 000 réfugiés – dont plus de 50.000 Burundais,le reste étant constitué de Congolais.
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Photo : la farine décriée par les réfugiés du camp de Nyarugusu en Tanzanie, janvier 2025 © SOS Médias Burundi
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