Buhumuza : la crise de carburant bloque les partenaires du HCR et paralyse les services dans les camps de réfugiés

Buhumuza : la crise de carburant bloque les partenaires du HCR et paralyse les services dans les camps de réfugiés

SOS Médias Burundi

Ruyigi, 27 novembre 2025 — Depuis le mardi 25 novembre, les partenaires du HCR basés à Ruyigi ne se sont plus rendus dans les camps de réfugiés de Bwagiriza, Nyankanda et Kavumu, dans la province de Buhumuza, à l’est du Burundi. En cause : un manque de carburant qui a interrompu les déplacements du personnel et entraîné une perturbation sévère des services essentiels, en particulier dans le secteur de la santé géré par TPO Health.

Les infirmiers burundais, responsables entre autres de l’accès aux pharmacies, étaient absents, laissant les équipes congolaises de garde avec très peu de médicaments. Certains traitements indispensables — notamment contre le paludisme — étaient introuvables, tout comme plusieurs antalgiques de base. Résultat : de nombreux malades se sont retrouvés sans prise en charge suffisante.

Des raisons floues, une inquiétude grandissante

Le HCR n’a pas officiellement clarifié les causes de cette rupture d’approvisionnement en carburant. Cependant, des sources proches du dossier évoquent des difficultés financières internes, combinées à la pénurie nationale de carburant qui touche le Burundi depuis près de cinq ans.
Pourtant, ces dernières semaines, quelques stations-service de Bujumbura et de l’intérieur du pays semblent mieux ravitaillées, ce qui rend l’origine exacte de l’interruption encore plus difficile à cerner.

Les premiers touchés ont été les réfugiés qui attendaient des consultations spécialisées.

« On m’a dit que le médecin ne viendrait pas »

« J’avais un rendez-vous pour mes douleurs abdominales. Je suis arrivé très tôt, mais on m’a dit que le médecin ne viendrait pas faute de carburant pour atteindre le camp. On m’a demandé de revenir un autre jour. J’ai peur parce que la douleur s’aggrave, je pourrais avoir besoin d’un transfert à Ruyigi », témoigne un réfugié congolais du camp de Nyankanda, sous anonymat.

L’absence du personnel burundais, détenteur des clés et de la gestion des pharmacies, a provoqué une rupture totale de certains médicaments essentiels.

Enfants fiévreux, pharmacies fermées

Au centre de santé du camp de Bwagiriza, les infirmiers congolais de garde ont tenté de maintenir une activité minimale malgré des stocks quasiment vides.

Une partie du camp de Nyankanda dans l'est du Burundi ©SOS Médias Burundi
Une partie du camp de Nyankanda dans l’est du Burundi ©SOS Médias Burundi

Plusieurs enfants présentant de fortes fièvres ou des signes sévères de paludisme n’ont pas reçu les soins requis.

« Mon enfant avait une forte fièvre et respirait mal. Ils m’ont donné seulement quatre comprimés de paracétamol. On m’a expliqué que les autres médicaments étaient dans la pharmacie fermée, et que seuls les infirmiers burundais y avaient accès. S’ils étaient là, mon enfant aurait reçu un traitement complet », raconte Georgette, réfugiée congolaise.
« J’ai dû vendre une partie de ma ration alimentaire pour acheter des médicaments dans une pharmacie privée. »

40 000 réfugiés affectés par un simple manque de carburant

Les camps de Bwagiriza, Nyankanda et Kavumu abritent près de 40 000 réfugiés, majoritairement congolais. Une population déjà vulnérable, dépendante des soins réguliers, et exposée au paludisme ainsi qu’à des maladies liées à la promiscuité et à la précarité.

Pour les réfugiés, cette crise illustre la fragilité des services humanitaires dans la région : une seule rupture de carburant peut suffire à mettre des vies en danger.
Ils appellent les partenaires du HCR à garantir la continuité minimale des services essentiels, même en situation logistique difficile.

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Photo : des enfants dans une école maternelle au camp de réfugiés de Kavumu à l’est du Burundi © SOS Médias Burundi

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