Dzaleka : des réfugiés perdent leurs maisons après avoir acheté des parcelles controversées

Dzaleka : des réfugiés perdent leurs maisons après avoir acheté des parcelles controversées

SOS Médias Burundi

Dzaleka, 11 août 2026 — Au moins une vingtaine de maisons ont été démolies au camp de Dzaleka, au Malawi, dans le cadre d’une opération visant à lutter contre les constructions considérées comme illégales. Les démolitions concernent notamment les zones de New Katuza et Blantyre, densément peuplées par des réfugiés congolais et burundais.

L’administration du camp affirme vouloir mettre fin aux constructions anarchiques dans ce site qui s’agrandit de jour en jour, alors que sa capacité d’accueil est largement dépassée. Elle a également suspendu l’attribution de nouvelles parcelles et la délivrance d’autorisations de construire.

« Nous avions obtenu ces parcelles légalement »

Plusieurs réfugiés dont les maisons ont été détruites contestent toutefois les accusations de constructions illégales. Ils affirment avoir obtenu leurs parcelles avant d’y construire leurs petites habitations.

Selon eux, les terrains leur auraient été attribués par des personnes qu’ils considéraient comme habilitées à le faire.

Mais ces acquisitions ne sont pas reconnues par l’administration du camp et ne figureraient dans aucun registre officiel.

« Certains cadres du comité de direction du camp ou encore du HCR s’arrogent le droit d’octroyer des parcelles sans aucun fondement légal. Ils passent outre les mesures prises au niveau interne et sont sans nul doute corrompus », affirme le président du camp.

Il prévient que les personnes impliquées dans ces pratiques seront également sanctionnées conformément à la loi.

« Ceux qui nous ont donné les parcelles ne viennent pas nous défendre »

Les réfugiés concernés dénoncent, eux, ce qu’ils qualifient d’« arnaque ».

« Ceux qui nous ont donné ces parcelles ne se retrouvent pas dans le groupe de ceux qui viennent démolir nos maisons et ne peuvent même pas nous défendre », déplorent-ils.

Plusieurs victimes reconnaissent ne disposer d’aucun document officiel normalement délivré aux personnes ayant obtenu une parcelle de construction dans les règles.

Cette absence de documents complique leur situation et laisse les familles ayant investi leurs maigres ressources dans la construction de leurs habitations sans véritable recours.

Une maison de réfugiés démolie par la police malawite à la recherche des criminels dans le camp de Dzaleka © SOS Médias Burundi

Des accusations de corruption

Une source bien informée affirme que la pression foncière est devenue particulièrement forte dans le camp en raison du manque d’espace et de l’allongement de la liste d’attente pour obtenir une parcelle.

Selon cette source, certaines personnes souhaitant obtenir un terrain seraient contraintes de verser de l’argent à des responsables impliqués dans l’attribution des parcelles afin d’être servies avant les autres.

L’administration du camp dénonce ces pratiques de corruption et estime qu’elles mettent en danger la vie des occupants.

Elle appelle les réfugiés à signaler les personnes qui leur attribuent illégalement des parcelles et prévient que les opérations de démolition vont se poursuivre.

Un camp quatre fois au-dessus de sa capacité

Le problème des constructions anarchiques est étroitement lié à la surpopulation de Dzaleka.

Situé dans le district de Dowa, le camp avait été conçu pour accueillir jusqu’à 12 000 habitants. Il abrite aujourd’hui plus de 50 000 réfugiés, dont plus de 11 000 Burundais, soit plus de quatre fois sa capacité prévue.

Cette forte surpopulation exerce une pression considérable sur les terres disponibles, les logements et les services essentiels. Elle contribue également à l’allongement des listes d’attente pour l’accès aux parcelles et favorise, selon des sources locales, les pratiques irrégulières autour de leur attribution.

Face à l’agrandissement continu du camp, l’administration indique que la question a été soumise au ministère chargé des réfugiés.

Selon les autorités, l’aménagement d’un nouveau site est en cours de finalisation afin de désengorger Dzaleka et de répondre à la pression croissante sur les terres.

En attendant, les démolitions se poursuivent, laissant plusieurs familles réfugiées sans abri et alimentant les accusations de corruption et de mauvaise gestion autour de l’accès aux parcelles.

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Photo : Des hommes se tiennent devant des maisons détruites lors d’une opération de démolition des constructions jugées illégales au camp de Dzaleka, dans le district de Dowa, au Malawi. © SOS Médias Burundi

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