Nyarugusu (Tanzanie) : plus de 50 infirmiers et travailleurs médicaux suspendus

Nyarugusu (Tanzanie) : plus de 50 infirmiers et travailleurs médicaux suspendus

SOS Médias Burundi

Nyarugusu, 14 octobre 2025 — Le secteur de la santé dans le camp de réfugiés de Nyarugusu, situé dans le nord-ouest de la Tanzanie, se détériore dangereusement. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et son partenaire Medical Team International (MTI) viennent de suspendre les contrats de plus de 50 infirmiers et autres travailleurs médicaux opérant dans la partie du camp occupée par des réfugiés burundais.

Selon plusieurs sources internes, les personnes concernées sont majoritairement des Burundais et des Congolais, tandis que seuls une dizaine de travailleurs tanzaniens ont été maintenus dans les structures sanitaires des zones 8 et 10. Ces derniers doivent désormais prendre en charge plus de 50.000 réfugiés burundais, une tâche quasi impossible selon plusieurs témoins.

Des réfugiés dénoncent une pression déguisée au retour forcé

Pour de nombreux réfugiés burundais, cette vague de suspensions est perçue comme une nouvelle stratégie pour les contraindre au retour.

« Ils ont d’abord fermé trois centres de santé depuis le début de l’année, ensuite ils ont renvoyé les infirmiers restants. Et maintenant, on nous dit qu’il n’y a plus de médicaments dans les stocks », déplore un leader communautaire du camp.
« Si nous allons nous faire soigner dans la zone des Congolais, il n’y a pas ce problème. Le camp devient invivable, surtout pour les malades. »

Parmi le personnel suspendu figurent également des volontaires et des sensibilisateurs communautaires, qui jouaient un rôle essentiel dans la prévention des épidémies, la promotion de l’hygiène, et le suivi des patients atteints de maladies chroniques telles que le VIH/Sida, le diabète ou encore l’hypertension.

« Dommage que tous ces vulnérables soient désormais laissés à eux-mêmes », regrette la même source.

Une mesure à deux vitesses

Selon plusieurs témoignages, les Congolais licenciés auraient été informés qu’ils pourraient travailler dans les structures médicales situées dans la partie du camp occupée par leurs compatriotes, alors que les Burundais, eux, se voient sans perspective.

« Pour les Burundais, il n’y a plus aucune possibilité d’emploi ici. Et même s’ils rentrent au pays, il n’y a rien qui les attend », explique un réfugié burundais.

Cette décision, qui survient dans un contexte de pression accrue sur les réfugiés burundais pour qu’ils acceptent le rapatriement volontaire, suscite de vives inquiétudes.

« C’est un signal fort que le camp de Nyarugusu, historiquement réticent au retour forcé, est désormais dans le collimateur », estime un autre réfugié.

Appels au respect des droits des réfugiés

Les réfugiés burundais appellent le gouvernement tanzanien à respecter les accords et conventions internationales sur la protection des réfugiés, notamment le droit fondamental à la santé.

Ils interpellent également le HCR, lui rappelant son rôle de garant de la protection et de la dignité des populations déplacées :

« Le HCR devrait défendre notre droit à la santé au lieu de tomber dans le piège des gouvernements burundais et tanzanien, qui veulent nous malmener pour nous pousser à rentrer », martèle un réfugié contacté par SOS Médias Burundi.

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Photo : une réfugiée devant une structure de santé au camp de réfugiés de Nyarugusu, dans le nord-ouest de la Tanzanie. Le HCR et Medical Team International (MTI) viennent de suspendre les contrats de plus de 50 infirmiers et travailleurs médicaux, affectant gravement l’accès aux soins pour les réfugiés burundais. ©SOS Médias Burundi

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