Ngozi : maintien en détention de la journaliste Sandra Muhoza malgré les appels à sa libération
SOS Médias Burundi
Ngozi, 14 octobre 2025 — Le tribunal de grande instance de Ngozi a décidé ce 14 octobre de maintenir en détention la journaliste Sandra Muhoza, en attendant l’examen approfondi de son dossier. Cette décision intervient malgré les appels répétés d’organisations internationales de défense des droits humains et de la liberté de la presse.
Lors de l’audience précédente, le 7 octobre, la défense avait dénoncé plusieurs irrégularités, notamment le fait que la journaliste ait été présentée devant le tribunal sans audition préalable par le parquet de Ngozi, dans la province de Butanyerera au nord du Burundi.
Sandra Muhoza, journaliste pour le journal La Nova, est accusée d’atteinte à l’intégrité territoriale et d’aversion ethnique. Elle avait été arrêtée le 13 avril 2024 à Ngozi et détenue à la prison centrale de Bujumbura dite Mpimba depuis le 18 du même mois.
Auparavant, la cour d’appel de Bujumbura Mairie s’était déclarée incompétente pour juger cette affaire, compliquant encore la situation judiciaire de la journaliste.
La décision du tribunal de maintenir la détention de Mme Muhoza suscite des inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse, qui appellent à une procédure transparente et conforme au droit.
Ses proches et collègues espèrent que l’examen du fond du dossier permettra de rétablir rapidement la justice et de garantir ses droits fondamentaux.
Réactions d’organisations internationales :
Reporters sans frontières (RSF) a condamné la prolongation de la détention de Sandra Muhoza, soulignant que la cour d’appel de Mukaza avait précédemment jugé que le tribunal initial n’avait pas compétence pour la juger, rendant ainsi sa condamnation antérieure nulle et non avenue. RSF a exhorté les autorités burundaises à mettre fin à cette détention illégale et à libérer immédiatement la journaliste.
Le Committee to Protect Journalists (CPJ) a qualifié de « grave injustice » le maintien en détention de Sandra Muhoza, malgré l’annulation de sa condamnation par la cour d’appel. Le CPJ a demandé aux autorités burundaises de la libérer sans délai, soulignant que cette situation reflète une volonté de réprimer la liberté de la presse dans le pays.
_____________________________________________
Photo : la journaliste Sandra Muhoza, en tenue verte de détenue, transférée le 26 septembre 2025 de la prison centrale de Mpimba vers la prison de Ngozi, où elle a comparu pour la première fois devant la juridiction locale le 7 octobre. (DR/SOS Médias Burundi)
You might also like
Bujumbura : où est Jean Bigirimana? Le groupe de presse Iwacu pose toujours cette question qui est restée sans réponse depuis 2016
Le groupe de presse Iwacu a organisé un événement humble mais certes très significatif. Ce mardi, ses salariés se sont souvenus de Jean Bigirimana, notre collègue qui a disparu le
USA : cinq journalistes burundais reçoivent le prix du courage international du journalisme offert par le Texas Tech University
Le courage des journalistes burundais a été mis à l’honneur par le College of Media and Communication du Texas Tech University. Cette institution a tenu à encourager les journalistes burundais
Disparition du journaliste Jean Bigirima: quatre après, son épouse demande au nouveau régime de lui rendre justice
Ce mercredi marque le quatrième anniversaire de la disparition du journaliste du groupe de presse Iwacu Jean Bigirimana. Sa femme et ses deux fils vivent en exil. L’épouse de notre
