Tanzanie : quatre nouvelles écoles fermées dans les camps de réfugiés burundais

Tanzanie : quatre nouvelles écoles fermées dans les camps de réfugiés burundais

SOS Médias Burundi

Kigoma, 15 octobre 2025 – Quatre nouveaux établissements scolaires fréquentés par des réfugiés burundais ont été fermés cette semaine dans les camps de Nyarugusu et Nduta, dans le nord-ouest de la Tanzanie. Ces fermetures viennent s’ajouter à une quinzaine d’autres enregistrées le mois dernier, suscitant une vive inquiétude parmi les réfugiés qui y voient une stratégie pour les pousser à rentrer au Burundi.

Les écoles concernées sont Urafiki, Uwezo et Furaha, situées dans le camp de Nyarugusu, où elles accueillaient environ neuf mille élèves. Dans le camp de Nduta, c’est l’école Undugu, située dans la zone 9, qui a été contrainte de fermer ses portes.

Selon plusieurs enseignants et directeurs interrogés, des employés du HCR en charge de l’éducation dans les camps, accompagnés de responsables administratifs tanzaniens, ont procédé à la fermeture de ces établissements.
« Ils disent que les enfants doivent retourner au Burundi pour suivre convenablement leurs études », témoigne un enseignant de Nyarugusu.

Dans certains secteurs du camp, notamment à Nyarugusu, des églises qui servaient de salles de classe ont également été fermées.

Les familles invitées à rentrer

Les responsables des camps ont invité les familles à garder leurs enfants à la maison ou à envisager le retour volontaire au Burundi.
« L’année scolaire vient tout juste de commencer au Burundi, vous n’aurez pas de retard », aurait déclaré le président du camp de Nyarugusu lors d’une réunion avec les parents.

Des réfugiés désemparés et critiques envers le HCR

Fin septembre déjà, plus de dix établissements, dont quatre écoles secondaires, avaient été fermés dans ces camps de la région de Kigoma, marquant une série de décisions jugées coercitives par les réfugiés.

« Le HCR n’a donc rien à faire ici. Il est impuissant. Il se soumet et, s’il ne prend pas garde, il risque lui aussi de fermer ses bureaux à voir la colère des autorités tanzaniennes. Les agents du HCR sont pitoyables, ils assistent comme des spectateurs », déplore un responsable des réfugiés de Nyarugusu.

Un appel aux Nations Unies

Les réfugiés en appellent désormais aux Nations Unies pour constater « ces violations de leurs droits élémentaires », affirmant ne plus compter sur le gouvernement tanzanien.
« Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, nombre d’entre nous choisiront de mourir ici », confie avec amertume un autre réfugié du camp de Nduta.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 110 000 réfugiés burundais vivent encore en Tanzanie, pour la plupart installés dans les camps de Nyarugusu et Nduta. La majorité d’entre eux avaient fui la crise politique de 2015, déclenchée par la décision du défunt président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat controversé.

_______________________________________________

Photo : Des enfants réfugiés burundais suivent un cours dans une salle de classe dans le camp de Nyarugusu. Les autorités tanzaniennes ont fermé plusieurs établissements scolaires dans les camps de Nyarugusu et Nduta, privant ainsi des milliers d’élèves de leur droit à l’éducation. © SOS Médias Burundi

Previous Crise en RDC : un premier accord trouvé entre l’AFC-M23 et Kinshasa
Next Burunga : Mutambara recense les non-résidents face à l’insécurité

You might also like

Réfugiés

Nduta (Tanzanie) : une attaque à main armée fait un blessé

L’attaque qui a eu lieu dans la petite matinée de ce jeudi dans la zone 7 a ciblé un homme d’affaires. Des hommes armés lui ont volé une somme de

Réfugiés

Nduta-Nyarugusu (Tanzanie ) : les réfugiés de plus en plus sensibilisés pour rentrer

Depuis plus d’une semaine, les responsables des camps de réfugiés burundais de Nduta et Nyarugusu en Tanzanie en collaboration avec le HCR ont lancé une campagne de les sensibiliser à

Réfugiés

Nakivale (Ouganda) : plusieurs partenaires veulent mettre fin à la stigmatisation des épileptiques

Au camp de Nakivale en Ouganda, l’épilepsie toucherait un peu plus de 400 réfugiés. Ces derniers disent être exclus par le reste de la communauté. Une campagne de conscientisation pour