Photo de la semaine : morts suspectes et rumeurs d’empoisonnement dans le camp de réfugiés de Nduta

Photo de la semaine : morts suspectes et rumeurs d’empoisonnement dans le camp de réfugiés de Nduta

SOS Médias Burundi

Un climat de peur s’installe dans le camp de réfugiés burundais de Nduta, au nord-ouest de la Tanzanie, après plusieurs décès suspects et des accusations d’empoisonnement. Depuis juillet, des rumeurs évoquent l’utilisation de substances toxiques visant certains réfugiés, notamment ceux opposés au rapatriement forcé.

Face aux premiers décès, la méfiance s’est rapidement installée parmi les réfugiés. « Au début, on croyait qu’il s’agissait de rumeurs ou de superstition. Les gens ont cessé de fréquenter certains bistrots et restaurants. On murmurait que le gouvernement burundais avait changé de tactique pour nous traquer », confie un chef de village du camp.

Fin juillet, au moins dix réfugiés, dont des enseignants et des volontaires d’ONG, sont morts après avoir souffert de douleurs abdominales soudaines. Transportés en urgence à l’hôpital, ils ont succombé rapidement. Les examens médicaux n’ont pas permis d’identifier précisément la cause de ces décès.

Arrestations après un incident troublant

Le 4 août, un réfugié de la zone 5 a été surpris en train de tenter d’empoisonner un camarade. Selon les témoins, il aurait testé une substance suspecte sur ses chèvres et poules, qui sont mortes en quelques minutes. Alertés, les voisins l’ont dénoncé. Après arrestation, il aurait révélé l’existence d’un réseau plus large de détenteurs de poison. Cinq personnes ont depuis été arrêtées et placées en détention.

D’après une source administrative, les suspects auraient avoué détenir des produits toxiques destinés à éliminer des réfugiés réticents au rapatriement organisé par le Burundi, la Tanzanie et le HCR.

Soupçons de complicités administratives

De nombreux réfugiés soupçonnent une connivence avec des autorités locales, voire avec des acteurs liés au gouvernement burundais. « On suspecte une complicité pour traquer les opposants », dénonce un militant réfugié.

Les occupants du camp exigent que justice soit faite, réclamant des enquêtes indépendantes et des auditions publiques pour faire la lumière sur cette affaire.

Un camp au cœur des tensions

Le camp de Nduta, qui héberge plus de 58 000 réfugiés burundais, est connu pour accueillir des opposants politiques et des groupes hostiles au rapatriement volontaire. Ces derniers mois, la pression tanzanienne pour accélérer les retours forcés a renforcé la méfiance et exacerbé les tensions.

Cette affaire d’empoisonnement présumé ravive les craintes d’une répression ciblée des voix dissidentes dans ce camp sous haute surveillance.

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Photo :  Une réfugiée burundaise prépare de la nourriture pour ses enfants dans le camp de Nduta, en Tanzanie. SOS Médias Burundi © SOS Médias Burundi

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