Camps de réfugiés : Quand l’école devient un défi au quotidien
SOS Médias Burundi
Cankuzo, 17 septembre 2025 — Le lundi 15 septembre, les élèves réfugiés vivant dans les camps du Burundi ont entamé l’année scolaire 2025-2026. Une rentrée marquée par de nombreuses difficultés. Dans les camps de Kavumu, Bwagiriza et Kinama, dans l’est du pays, les infrastructures scolaires sont insuffisantes, les classes souvent en planches et dépourvues de pupitres. À Musasa, dans le nord du pays, les enseignants font face à des effectifs surchargés et à des salaires très bas.
À Kavumu, certaines classes obligent les élèves à suivre les cours à même le sol ou à partager un seul pupitre à plusieurs. Le manque de bancs et de matériel de base expose les enfants aux aléas climatiques et rend l’apprentissage difficile.
Faustin, père de trois enfants à l’école primaire de Kavumu, s’inquiète :
« Chaque année, c’est la même chose. Nos enfants vont à l’école, mais dans quelles conditions ? Nous appelons les partenaires éducatifs à intervenir d’urgence pour construire et équiper les écoles correctement. »
Le matériel scolaire, un obstacle majeur
Cette année, l’ONG Jesuit Refugee Service (JRS), responsable de l’éducation dans les camps, n’a pas encore distribué de cahiers. Les parents doivent donc acheter eux-mêmes le strict nécessaire, dans un contexte de forte inflation : un cahier de 200 pages se vend à 5 000 francs burundais et un demi-brouillon à 2 000 francs.
Musafiri, réfugié à Kavumu, raconte :
« J’ai dû prendre un crédit pour acheter des cahiers à mes cinq enfants. L’an dernier, les cahiers ont été distribués seulement après trois mois d’ouverture. Avec la vie chère, c’est un vrai défi. Tout a augmenté : le riz, la farine, le savon, les habits… et maintenant même les cahiers ! »
Des enseignants sous pression
À Musasa et dans les autres camps, les enseignants doivent gérer des classes surchargées, parfois jusqu’à 60 élèves, avec un salaire mensuel de 115 000 francs burundais, souvent payé en retard. Beaucoup vivent dans des conditions précaires, malgré leur rôle crucial dans la formation des jeunes générations.
Un enseignant du camp de Musasa, sous couvert d’anonymat, explique :
« Nous avons une mission importante : former les générations futures. Nous méritons d’être rémunérés correctement et à temps. La qualité de l’éducation en dépend. »
Un système éducatif à bout de souffle
Le système éducatif appliqué dans les camps est encore congolais, bien que les écoles se préparent à migrer vers le système burundais dans les années à venir. Pour l’instant, elles suivent uniquement le calendrier scolaire burundais : ouverture, fermeture et congés officiels.
Le Burundi accueille plus de 100 000 réfugiés, dont une majorité de jeunes. Malgré leur soif d’apprendre, le système éducatif dans les camps reste sous pression, entre infrastructures inadéquates, manque de matériel et enseignants sous-payés.
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Photo : Des élèves réfugiés suivent les cours dans une classe d’un camp de réfugiés congolais à l’est du Burundi. © DR
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