Coupures d’électricité : les radios locales étouffent dans le noir

Coupures d’électricité : les radios locales étouffent dans le noir

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 17 septembre 2025 — Les radios locales burundaises traversent une crise inédite. Les coupures d’électricité, devenues quasi quotidiennes, paralysent les studios, interrompent les émissions et menacent le matériel. Pour les auditeurs, c’est un silence frustrant et inquiétant qui s’installe.

Les journaux d’information démarrent souvent… sans jamais se terminer. Parfois, les programmes s’arrêtent brusquement, laissant le public dans l’expectative. « Le courant disparaît sans prévenir, et avec lui tout notre système de diffusion », confie un technicien d’une radio privée.

Des générateurs dépassés

Les groupes électrogènes, longtemps solution de secours, peinent désormais à compenser les coupures. Certains tombent en panne à force de démarrages répétés, d’autres manquent de carburant, devenu rare et coûteux pour les petites stations.

Le matériel des studios subit une pression constante : consoles de mixage, émetteurs et appareils sensibles sont régulièrement exposés à des risques de panne. Les onduleurs, censés garantir un relais temporaire, ne suffisent plus face à la fréquence des coupures.

« Chaque jour, nous craignons que le matériel ne lâche définitivement. Nous ne pouvons plus garantir un service stable à la population », déplore un responsable de station.

Auditeurs dans l’expectative

Du côté des auditeurs, l’exaspération grandit. Beaucoup ne peuvent plus suivre leurs émissions préférées ni s’informer correctement. La Regideso, société responsable de la distribution électrique, se contente d’indiquer que « les réparations sont en cours », sans calendrier précis. Les promesses du directeur général sont jugées vagues et rarement suivies d’effet, accentuant l’incertitude.

Des appels à une solution globale

Les radios ont tenté d’obtenir des solutions localisées ou un traitement prioritaire auprès des autorités, mais sans succès. « Ce n’est pas un problème qu’on peut résoudre isolement », leur a-t-on répondu.

Aujourd’hui, les médias locaux tirent la sonnette d’alarme : sans un accès stable à l’électricité, c’est tout un pan de la liberté d’expression et du droit à l’information qui est menacé dans la petite nation de l’Afrique de l’Est.

____________________________________________

Photo : Un studio de la radio indépendante Isanganiro, l’une des radios burundaises touchées par les coupures d’électricité incessantes, septembre 2025. © SOS Médias Burundi

Previous Camps de réfugiés : Quand l’école devient un défi au quotidien
Next Camp de Mahama : la détresse des enfants se transforme en suicides

You might also like

Société

Nord Kivu : le cessez-le-feu convenu entre les FARDC et le M23 n’a pas été respecté

Après le communiqué sur le cessez-le-feu dans les zones de combats à l’est de la République démocratique du Congo publié ce mardi par les rebelles du M23, des affrontements ont

Société

Fil Info: Funérailles Nkurunziza

– Denise Nkurunziza se dit réconfortée d’enterrer dignement son mari. « Ceux qui ont perdu les leurs mais qui n’ont jamais vu même les corps savent ce qu’ils ont enduré ». –

Société

RDC : des personnes soupçonnées de collaborer avec le M23 appréhendées

Les Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont présenté à la presse cinq hommes soupçonnés de collaborer avec les rebelles du M23. C’était le vendredi 8 mars