Camp de Mahama : la détresse des enfants se transforme en suicides
SOS Médias Burundi
Mahama, 18 septembre 2025 – Ces trois derniers mois, cinq cas de suicide, dont plusieurs impliquant des enfants, ont été enregistrés au camp de Mahama à l’est du Rwanda. La plupart sont liés à des conflits familiaux, à la précarité et à l’incertitude quotidienne des réfugiés.
Deux cas concernent des jeunes mineurs de 13 et 14 ans dans les villages 11 (communautés 12 et 18). Selon un chef de village, « tous les deux ont rapporté que leurs parents les maltraitent, qu’ils ne sont pas bien nourris et qu’ils en ont marre des conflits familiaux ». Les deux adolescents ont été secourus à temps après avoir ingéré des produits toxiques destinés aux souris. Transportés à l’hôpital, ils ont retrouvé conscience.
Malheureusement, Iradukunda Darcy, du village 12, communauté 2 (porte 2A), n’a pas survécu. Il s’est pendu et les secours sont arrivés trop tard. « Il racontait à ses amis qu’il se suiciderait, mais ces derniers pensaient qu’il plaisantait. Il ne voulait plus subir les conflits familiaux », confie un habitant.
Un autre adolescent, Tuyisenge Remy, 17 ans, s’est infligé plusieurs blessures au visage, à la gorge, au ventre et aux organes génitaux à cause de problèmes familiaux. Secouru à temps par des voisins, il a été transporté à l’hôpital. Il expliquait : « Je ne peux plus tolérer les mauvais comportements de ma mère ».
Des réfugiés adultes également touchés
Dernièrement, un réfugié congolais du camp a également tenté de se suicider, révélant que la détresse psychologique touche tous les âges.
Des mesures pour endiguer le fléau
Les leaders du camp ont saisi l’administration et le HCR. Plusieurs mesures ont été mises en place :
Les enfants en détresse doivent être placés dans des foyers d’accueil gérés par Save the Children.
La vente de produits toxiques comme les poisons pour souris est désormais interdite aux enfants.
Des points de vente de boissons alcoolisées ou prohibées seront fermés.
Des séances de sensibilisation et de prévention sont organisées par les autorités et les ONG.
Des causes multiples
Les leaders du camp estiment que l’amélioration des conditions de vie, notamment l’augmentation des rations alimentaires, contribuerait à réduire ce fléau. Pour beaucoup, la famine et l’incertitude du lendemain alimentent les conflits conjugaux et familiaux. D’autres responsables soulignent que la surpopulation du camp, qui abrite plus de 76.000 réfugiés burundais et congolais, aggrave la situation et la détresse psychologique.
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Photo : Des jeunes gens se déplacent dans une rue du camp de Mahama, à l’est du Rwanda, où plusieurs cas de suicide chez des adolescents ont été récemment rapportés. © SOS Médias Burundi
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