RDC (Mulongwe) : interdiction pour les réfugiés burundais de faire du petit commerce dans le camp
Il est désormais interdit aux réfugiés burundais de Mulongwe de faire du petit commerce à l’intérieur du camp. Le commerce est seulement autorisé à l’unique marché public reconnu par les responsables du camp. Des réfugiés qui gagnaient leur pain grâce au commerce ambulant ou dans de petits kiosques dans différentes zones sont sous le choc et se demandent comment ils vont survivre. (SOS Médias Burundi)
La décision a été prise lors d’une réunion tenue à Malinde, non loin du camp de Mulongwe, il y a quelques jours. C’est sur le territoire de Fizi en province du Sud-Kivu à l’est de la RDC. Elle a réuni la communauté congolaise environnante, les réfugiés, les dirigeants du territoire de Fizi, le HCR et la Commission nationale pour les réfugiés.
« La réunion a été organisée après deux jours de manifestations de la communauté congolaise. Les manifestants exigeaient que les activités commerciales soient effectuées à l’extérieur du camp seulement », raconte Emmanuel, un des réfugiés ayant pris part à la réunion.
Les réfugiés, eux, ne comprennent pas pourquoi les Congolais formulent cette demande.
« Si on accepte de faire l’activité commerciale à l’extérieur du camp, on s’exposerait à d’énormes risques de vol et d’une insécurité sans nom », a réagi Miburo Vianney, propriétaire d’une boutique, dénonçant la mesure qui permet le commerce au seul bloc 18.

Alors que la mesure doit être exécutée dès son annonce, certains commerçants évoquent déjà des pertes. C’est le cas de Donavine. Mère de huit enfants, elle pratiquait le commerce ambulant pour nourrir sa descendance.
« On avait un stock de marchandises. Nos clients sont au camp. Si on va à l’extérieur, on doit d’abord s’adapter et chercher une nouvelle clientèle. Ce n’est pas facile. Entre-temps, nos marchandises vont pourrir. On devrait au moins avoir un délai pour écouler ce que nous avons en stock », se plaint-elle.
Le camp de Mulongwe a été créé en 2017. Au début, les habitants alentour avaient déjà demandé au HCR que les activités de développement, notamment les écoles, les hôpitaux, les terrains de jeux et les marchés, soient installés à l’extérieur du camp.
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Photo : des réfugiées burundaises sur un point de vente de poissons dans le Sud-Kivu
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