Goma : de nouveaux combats entre le M23 et les milices Wazalendo provoquent la fuite de milliers de civils
SOS Médias Burundi
Goma, 27 novembre 2025 — De violents affrontements ont éclaté ce jeudi à l’aube entre les rebelles du M23, affilié à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), un mouvement politico-militaire hostile à Kinshasa, et les milices locales Wazalendo, soutenues par les autorités congolaises. La confrontation a eu lieu dans la localité de Kibati, groupement de Luberike, territoire de Walikale dans la province du Nord-Kivu.
Selon des sources administratives et sécuritaires, les Wazalendo ont lancé une offensive sur les positions tenues par le M23, en utilisant armes légères et lourdes. Des détonations continues ont plongé la population dans la panique, tandis que la circulation entre Kibua et Kashebere a été paralysée, isolant plusieurs villages. Kibati subit ainsi sa quatrième attaque des Wazalendo en quelques semaines, dans le cadre de la reconquête de cette zone stratégique.
Contexte régional et frappes aériennes
Les FARDC ont engagé leur aviation pour frapper les positions de l’AFC/M23 à Kibati (Walikale) et à Kasopo (Masisi). Les frappes, signalées vers 9 h, ont généré d’épais nuages de fumée visibles à plusieurs kilomètres. Aucun bilan officiel n’est disponible, la zone restant difficile d’accès.

Le M23, ancienne rébellion tutsi ayant repris les armes fin 2021, reproche aux autorités congolaises de ne pas avoir respecté leurs engagements de réinsertion. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le mouvement, tandis que des experts onusiens affirment que 6 000 militaires rwandais auraient été déployés dans l’est du Congo pour soutenir le M23 — des allégations que Kigali rejette.
En parallèle, le Burundi a déployé plus de 10 000 soldats dans les deux Kivus pour appuyer les FARDC et les milices Wazalendo dans les combats contre le M23.
Propagation au Sud-Kivu et désordres militaires
Dans le Sud-Kivu, le M23 poursuit son avancée dans le territoire de Mwenga, s’emparant de localités telles que Kilungutwe, Kasika et Cidasa, après des affrontements avec les FARDC, les troupes burundaises et les Wazalendo.
Des soldats en déroute auraient fui vers les montagnes de Lwindi, et certains sont accusés par la population de piller les villages, aggravant la détresse des civils déjà traumatisés.
Des milliers de civils déplacés
Ces multiples foyers de violence ont contraint des milliers de personnes à fuir leurs domiciles, à la recherche de zones plus sûres. Les organisations humanitaires alertent sur une crise humanitaire croissante, marquée par le manque d’abris, de nourriture et d’accès aux soins médicaux.

La situation demeure extrêmement volatile dans l’est de la RDC, où les combats se multiplient malgré les appels à la désescalade, laissant les populations civiles au cœur d’une insécurité permanente.
Tensions diplomatiques et perspectives de dialogue
Face à la montée des violences, une rencontre est prévue le 4 décembre prochain à Washington entre les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda), dans le cadre d’efforts de paix régionale.
Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 27 novembre à Kigali, M. Kagame a déclaré que « une éventuelle rencontre à Washington avec Tshisekedi et Trump serait une bonne chose », soulignant l’importance de la coopération régionale pour stabiliser l’est de la RDC.
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Photo : des miliciens locaux attaquent le M23 à Bashali dans le Nord-Kivu © SOS Médias Burundi
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