Le Rwanda commémore le 31e anniversaire du génocide avec un message de défi et d’unité : Kagame aux pays qui sanctionnent le Rwanda – « Allez en enfer »

Le Rwanda commémore le 31e anniversaire du génocide avec un message de défi et d’unité : Kagame aux pays qui sanctionnent le Rwanda – « Allez en enfer »

SOS Médias Burundi

KIGALI, Rwanda — Ce lundi, les Rwandais ont commencé à commémorer le 31e anniversaire du génocide de 1994 contre les Tutsis, au cours duquel plus d’un million de personnes ont été brutalement assassinées en l’espace de 100 jours.

La cérémonie nationale a été lancée au Mémorial du génocide de Kigali, où le président Paul Kagame et la Première Dame Jeannette Kagame ont déposé une gerbe de fleurs et allumé la flamme du Souvenir, un feu symbolique qui brûlera pendant les 100 prochains jours. Ce mémorial abrite les dépouilles de plus de 250.000 victimes du génocide.

Des hauts responsables du gouvernement et des diplomates étrangers ont assisté à cette cérémonie solennelle.

Dans un discours fort et sans détours, le président Kagame a assuré aux Rwandais que le génocide ne se reproduira plus jamais au Rwanda — non pas parce que la menace a disparu, mais parce que le peuple rwandais a choisi l’unité et la résilience face aux épreuves.

« Il y a une chance, une chance réelle, que si vous vous levez et vous battez, vous vivrez — et vous aurez vécu une vie digne, celle que vous méritez », a déclaré Kagame.

« Ce qui ne nous a pas tués ni anéantis il y a 31 ans nous a renforcés, préparés aux épreuves qui viendront toujours. Nous ne mourrons plus sans nous battre, comme ce fut le cas à l’époque. »

Le président a également répondu à la pression croissante de la communauté internationale concernant l’implication présumée du Rwanda dans l’est de la République démocratique du Congo, où les rebelles du M23 — souvent considérés comme majoritairement tutsis — ont pris le contrôle de plusieurs territoires. Le président congolais Félix Tshisekedi et les Nations Unies accusent Kigali de soutenir ce groupe, ce que le gouvernement rwandais ne cesse de balayer d’un revers de la main.

« À ceux qui disent qu’ils nous sanctionnent — je leur dis en face : allez en enfer », a lancé Kagame.

« Ce qui m’inquiète, ce n’est pas la puissance de ces gens. Ce qui me préoccupe, c’est de voir des Rwandais et des Africains rester passifs et ne rien trouver de mal au fait d’être traités ainsi. C’est ça mon seul souci — nous ne devons pas l’accepter. Nous devons nous lever et nous battre pour nous-mêmes. »

Le gouvernement rwandais critique depuis longtemps la communauté internationale pour son silence face aux signes annonciateurs du génocide de 1994. Bien que certains dirigeants occidentaux aient exprimé des regrets depuis, les tensions autour de l’ingérence étrangère persistent.

Bien que salué pour avoir instauré une croissance économique et une certaine stabilité, Kagame fait également l’objet de critiques pour la répression de l’opposition politique et de la liberté d’expression. Paul Kagame a estimé qu’il lui arrive de faire les choses différemment  » pour ma santé mentale et celle de mon pays. »

« Si vous voulez être utiles, si vous voulez que nous soyons partenaires, nous sommes prêts à jouer notre rôle. Et vous pouvez être sûrs que vous trouverez en nous un partenaire fiable — peu importe ce que nous pensons de vous. »

Les événements de commémoration se poursuivront tout au long de la semaine. Lundi après-midi, les Rwandais ont participé à la «Marche du Souvenir », un hommage émouvant aux victimes du génocide. Une veillée nocturne s’en est suivie, permettant aux citoyens de se recueillir et d’honorer la mémoire des disparus.

Le génocide a été déclenché le 6 avril 1994, lorsque l’avion transportant le président Juvénal Habyarimana a été abattu près de Kigali. Le crash a également coûté la vie au président burundais Cyprien Ntaryamira. Tous deux revenaient de pourparlers de paix avec les rebelles dirigés par les Tutsi.

Cette attaque a marqué le début de l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire contemporaine, alors que les extrémistes hutus ont lancé une campagne de massacres à grande échelle, ciblant les Tutsi et les Hutus modérés à travers tout le pays.

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Photo : le président Kagame et la Première Dame allument la flamme du souvenir au mémorial du génocide de Kigali, DR

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