Massacre de Gasarara : réquisitoires à perpétuité pour 14 accusés, verdict attendu ce mardi
SOS Médias Burundi
Deux semaines après le massacre de six personnes accusées de sorcellerie à Gasarara, le procès des présumés auteurs touche à sa fin. Le ministère public requiert la perpétuité pour 14 accusés, dont certains seraient liés à la ligue des jeunes du parti au pouvoir. Le verdict, très attendu, doit être rendu ce mardi.
Le Tribunal de Grande Instance de Bujumbura (ouest du Burundi) a rendu, ce lundi 7 juillet, ses réquisitoires dans le procès du massacre survenu le 30 juin dernier sur la colline Gasarara, en commune Nyabiraba. Quatorze accusés risquent la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre et profanation de cadavres, conformément aux réquisitions du ministère public. Trois responsables administratifs sont également poursuivis pour non-assistance à personne en danger, tandis que trois autres prévenus ont été relaxés, faute de preuves suffisantes.
L’audience s’est prolongée tard dans la nuit. Le verdict final, très attendu, doit être rendu ce mardi par le tribunal.
Un procès expéditif sur fond de barbarie
Ce procès, instruit en procédure accélérée, concerne 21 prévenus soupçonnés d’avoir participé à l’exécution collective de six personnes, suivie de l’incinération publique de leurs corps. Le parquet décrit des faits d’une extrême gravité, qualifiés d’« actes barbares ». Selon les éléments d’enquête, les victimes auraient d’abord été empoisonnées avant que leurs cadavres ne soient brûlés en public.
Des vidéos présentées au tribunal montrent l’implication présumée de plusieurs des accusés dans ces scènes macabres. Pourtant, tous les prévenus ont plaidé non coupable : certains nient avoir été présents sur les lieux, d’autres affirment avoir eu connaissance des faits seulement après coup. Le procureur a requis des peines maximales, notamment la prison à vie pour 14 d’entre eux.
Les autorités locales pointées du doigt
Le rôle des autorités locales est également en cause. Le chef de zone, le chef de colline et le responsable des dix ménages (Nyumbakumi) sont poursuivis pour non-assistance à personne en danger. Leur inaction lors du drame a suscité une vive indignation.
Réactions entre soulagement et scepticisme
Certaines familles des victimes ainsi que des organisations de la société civile ont salué la fermeté des réquisitoires, y voyant un signe encourageant d’une volonté de rendre justice. Toutefois, des doutes subsistent sur l’impartialité de la justice burundaise, en particulier parce que plusieurs accusés sont soupçonnés d’être affiliés aux Imbonerakure, la ligue de jeunesse du parti au pouvoir, le CNDD-FDD.
Des ONG locales mettent en garde contre une possible libération discrète des condamnés, comme cela a été observé dans d’autres affaires similaires.
« Ce procès ne doit pas être une mascarade. Les peines doivent être exécutées sans aucune interférence politique », avertit un militant des droits humains.
Une indemnisation en vue
Le procureur a également réclamé que des dommages et intérêts soient versés aux familles des victimes. La décision finale du tribunal, qui devra se prononcer à la fois sur les peines et sur les indemnisations, est attendue ce mardi.
Pour rappel, les six victimes, accusées de sorcellerie, ont été tuées le 30 juin 2025 sur la colline Gasarara, dans la commune de Nyabiraba. Elles ont été publiquement exécutées par une foule menée, selon les témoins et certaines preuves, par des membres présumés des Imbonerakure.
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Photo : Le chef-lieu de la commune de Nyabiraba, à l’ouest du Burundi, où six personnes ont été assassinées sur simple soupçon de sorcellerie le 30 juin 2025. © SOS Médias Burundi
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