Carburant rare, sanctions lourdes : huit condamnations à Muyinga

Carburant rare, sanctions lourdes : huit condamnations à Muyinga

SOS Médias Burundi

Muyinga, 8 août 2025- Depuis mardi, huit individus sont détenus à la prison centrale de Muyinga, dans la province de Buhumuza (Est du Burundi). Ils ont été condamnés par le Tribunal de Grande Instance de Muyinga pour atteinte à l’économie nationale, après avoir été arrêtés en possession d’un important stock de carburant et d’autres produits de contrebande en provenance de Tanzanie.

L’affaire remonte au 16 juillet 2025. Ce jour-là, onze personnes originaires de la commune de Muyinga ont été interceptées avec 11 motos transportant au total 2 600 litres d’essence, 20 cartons de jus tanzaniens et un carton de vin. Quatre suspects ont réussi à prendre la fuite, tandis que les sept autres ont été arrêtés et déférés devant la justice.

Un commerçant local au centre de l’affaire

Devant la juridiction, les prévenus n’ont pas nié les faits. Ils ont toutefois affirmé que les produits saisis appartenaient à Jérôme Ndayisenga, commerçant bien connu à Muyinga et militant du parti au pouvoir.

Le tribunal a condamné Jérôme Ndayisenga à deux ans et six mois de prison ainsi qu’à une amende de 200 000 francs burundais. Les sept employés arrêtés ont écopé chacun de un an et six mois d’emprisonnement et de 100 000 francs burundais d’amende.

Saisies et sanctions financières

En plus des peines de prison, les 11 motos utilisées pour le transport clandestin resteront saisies jusqu’au paiement de 200 dollars américains par engin au compte de l’État. Le carburant saisi sera vendu aux enchères, et les revenus versés au Trésor public.

Réactions partagées dans la population

Présente lors du procès, une partie de la population s’est dite surprise et frustrée. Dans un contexte de pénurie chronique de carburant au Burundi, certains s’interrogent : faut-il punir ceux qui tentent d’en importer, même illégalement, ou reconnaître que ces pratiques répondent à un besoin urgent ?

Plusieurs habitants ont appelé les autorités à renforcer l’approvisionnement officiel plutôt qu’à sanctionner ceux qui cherchent, selon eux, à pallier les manques du système.

Un débat national relancé

Ce dossier remet sur la table la question de la gestion du secteur énergétique et de l’accès au carburant. Le gouvernement insiste sur le respect des circuits légaux d’importation, tandis qu’une partie de la population estime que l’urgence est d’abord de garantir l’approvisionnement du pays avant de réprimer les filières parallèles.

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Photo : des vendeurs de carburant traversent une rue inondée à la frontière de Kavimvira, entre le Burundi et la RDC, en juin 2024. Face à une crise du carburant qui dure depuis 56 mois, de nombreux commerçants burundais se tournent vers le Congo et la Tanzanie pour s’approvisionner ©SOS Médias Burundi

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