Burundi : le FMI conclut à une crise économique généralisée
Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Mame Astou Diouf, cheffe de mission pour le Burundi, a séjourné à Bujumbura du 25 au 29 septembre dernier pour s’enquérir de la situation économique du pays. Le constat est que celle-ci est au point mort. (SOS Médias Burundi)
A côté des visites sur terrain, une équipe du Fonds monétaire international (FMI) a aussi mené des discussions virtuelles avec les autorités burundaises. Parmi les autorités rencontrées, figurent le Premier ministre Gervais Ndirakobuca, le ministre des Finances, du Budget et de la Planification économique Audace Niyonzima et l’ex-gouverneur de la Banque de la République du Burundi (BRB) , Dieudonné Murengerantwari, en détention depuis le 7 octobre dernier.
La mission a également rencontré d’autres responsables des administrations publiques et de la BRB, ainsi que des représentants des banques commerciales, du secteur privé, de la société civile et des bailleurs de fonds.
« Les entretiens menés au cours de la mission ont porté sur les récentes évolutions macroéconomiques et les mesures mises en œuvre par les pouvoirs publics, les avancées dans la mise en œuvre de l’agenda des réformes du programme FEC, ainsi que sur les perspectives macroéconomiques et les actions planifiées à court terme », souligne le FMI.
L’institution de Bretton Woods semble avoir été surprise par une croissance économique qui n’en est pas une.
« La croissance économique est ralentie par des chocs. En effet, les effets néfastes de l’arrivée tardive des pluies de la fin de l’année 2022 se sont répercutés sur les récoltes de 2023. De plus, le commerce et la distribution de produits agricoles à l’intérieur du pays ont été entravés par des pénuries de carburant causées par une disponibilité limitée de devises pour fins d’importations, les cours d’importations élevés de carburant et des problèmes d’approvisionnement », constate la mission du FMI.
«Les pressions sur les prix se sont poursuivies, tirées par les prix des produits alimentaires. L’inflation moyenne s’est établie autour de 29 % sur la période de janvier à août 2023, malgré un léger ralentissement entre mars et juillet. Les effets bénéfiques de la nouvelle récolte agricole sur les prix ont été contrebalancés par les prix élevés des importations dûs à la guerre en Ukraine et à des facteurs intérieurs”, font savoir les analystes du FMI.
La viabilité extérieure et le manque de devises demeurent un défi urgent.
« Les réserves en devises ont continué à diminuer, s’établissant à 59,7 millions de dollars (environ 0,5 mois d’importations) en mi-septembre (contre 1,3 mois d’importations à la fin mars 2023), en raison de la facture des importations et du report des exportations d’or », précisent-ils.
Des remèdes timides.
Les autorités burundaises se sont engagées à mettre en œuvre un programme élargi de réformes macroéconomiques visant à relever les principaux défis, au terme de la mission du FMI.
«Relancer la consolidation budgétaire pour favoriser la viabilité de la dette tout en protégeant les populations vulnérables, mesures d’accroissement des recettes et de restreinte de dépenses courantes, tout en préservant les dépenses sociales et l’investissement public, la dette publique devrait aussi diminuer à moyen terme”, ont promis les interlocuteurs burundais au FMI.
“La banque centrale s’est engagée à restructurer les politiques monétaires intérieures et extérieures afin de reconstituer les réserves de change et d’améliorer l’efficacité du marché des changes. Ces mesures de rééquilibrage consistent essentiellement à libéraliser le marché des changes, à resserrer la politique monétaire et à limiter le financement monétaire du budget. Elles contribueront à endiguer les pressions inflationnistes”, ont expliqué les autorités burundaises à la mission du FMI.
Quant au FMI, la mission a affirmé qu’il reste déterminé à soutenir les efforts des autorités burundaises en vue de réduire les déséquilibres extérieurs, maîtriser l’inflation, préserver la viabilité de la dette, favoriser la bonne gouvernance et promouvoir une croissance durable et inclusive.
En juillet dernier, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un accord d’une durée de 38 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) ouvrant un accès à plus de 261,7 millions de dollars.
Le FMI n’a cependant pas précisé si au terme de cette mission d’investigation, la somme sera décaissée ou pas.
Les autorités de la petite nation de l’Afrique de l’est, pays le plus pauvre au monde, peinent toujours à gagner la confiance des bailleurs de fonds et séduire les investisseurs étrangers malgré les réformes « vantées » par le président Évariste Ndayishimiye.
António Guterres, le secrétaire général des Nations-Unies a, début mai dernier, appelé les bailleurs de fonds à « soutenir les efforts du gouvernement burundais ». Il participait à un sommet sur la crise congolaise dans la ville commerciale Bujumbura.
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Photo d’illustration : un billet de cinq mille francs burundais qui a récemment connu une modification et dont la valeur ne cesse de dégringoler face au dollar américain
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