Nduta (Tanzanie) : deux réfugiés burundais enlevés puis retrouvés morts
SOS Médias Burundi
Nduta, 12 août 2025- Deux réfugiés burundais ont été enlevés en plein camp par un véhicule de la police tanzanienne, avant d’être retrouvés morts deux semaines plus tard à la morgue du district de Kibondo, dans la région de Kigoma, au nord-ouest de la Tanzanie, où est installé le camp de réfugiés de Nduta. Un climat de peur s’installe parmi les habitants du camp.
Le premier, Célestin, âgé d’environ 38 ans, a été enlevé début août alors qu’il se trouvait chez lui dans la zone 14. Son compatriote, Syldie, âgé d’environ 28 ans, a été arrêté dans des circonstances similaires au village 1, également en zone 14.
Les familles ont tenté de retrouver leurs proches, en vain. Lorsqu’elles se sont rendues au poste de police pour déposer plainte, les autorités ont nié toute implication, affirmant que cette affaire ne figurait pas dans leurs registres et qu’aucun de leurs véhicules n’était concerné.
Ces explications n’ont pas convaincu les familles, qui affirment :
« Nous savons leur jeu, ils viennent en tenue civile, armés, arrêtent qui ils veulent puis repartent. Nous savons que nos proches ont été emmenés dans un lieu secret hors du camp pour subir des tortures inhumaines. »
Elles ont ensuite fouillé toutes les prisons aux alentours du camp, sans résultat.
C’est seulement vendredi dernier, après deux semaines de silence, que le HCR et la police sont venus annoncer la mauvaise nouvelle.
« Nous avons été conduits par le HCR au chef-lieu du district de Kibondo pour voir si nos disparus s’y trouvaient », racontent les familles.
Dans une morgue pleine de corps allongés à même le sol, chaque famille a reconnu son disparu. La femme de Célestin et le petit frère de Syldie ont formellement identifié les corps.
Un groupe de leaders locaux, présent lors de cette visite, témoigne :
« Célestin avait la tête trouée, probablement par balle. »
Malgré les demandes d’explications, le HCR est resté silencieux, invoquant une situation hors de son contrôle.
De retour au camp, les leaders ont été sommés de préparer les enterrements, mais les familles ont refusé tant qu’une enquête claire sur ce double assassinat ne serait pas menée. La police s’est contentée de déclarer :
« Toutes les personnes retrouvées à la morgue de Kibondo faisaient partie de bandes criminelles. »
Cette affaire suscite une vive émotion au camp de Nduta, où les arrestations arbitraires, disparitions forcées et enlèvements se multiplient, alimentant une inquiétude grandissante.
Les réfugiés accusent le HCR de ne pas remplir son rôle de protection :
« Il a failli à sa mission première ! » dénoncent-ils.
Ils appellent la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à prendre la mesure de ces violations et à exiger de la Tanzanie le respect des accords internationaux sur la protection des réfugiés.
Le camp de Nduta abrite aujourd’hui plus de 58 000 réfugiés burundais, faisant de lui le plus grand camp de réfugiés burundais en Tanzanie.
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Photo : Une pancarte indiquant l’emplacement du camp de réfugiés de Nduta, situé en Tanzanie, près de la frontière avec le Burundi. © SOS Médias Burundi
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