Bujumbura : faible affluence et irrégularités lors des élections collinaires

Bujumbura : faible affluence et irrégularités lors des élections collinaires

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 25 août 2025 – Les élections des responsables de collines et chefs de quartiers dans la province de Bujumbura (ouest du Burundi) ont été marquées ce lundi 25 août par une faible participation et de nombreuses irrégularités. Retards dans l’ouverture des bureaux, absence des listes officielles des candidats fournies par la CENI (Commission électorale nationale indépendante), et incidents graves ont suscité la méfiance des électeurs et l’indignation des observateurs.

Dans plusieurs centres de vote, les reporters de SOS Médias Burundi ont constaté des retards dans l’ouverture des bureaux. Selon les responsables des centres, ce retard est dû à l’absence des listes officielles des candidats fournies par la CENI.

Des électeurs désorientés et des obstacles supplémentaires

Nombre d’électeurs ignoraient qui étaient les candidats, faute d’affiches ou de listes disponibles sur place. Même les mandataires des partis politiques n’avaient pas l’autorisation d’indiquer les noms des personnes à élire. Certains citoyens se sont vu refuser l’accès aux urnes pour défaut de carte nationale d’identité ou faute de procuration délivrée par les chefs de colline.

Une campagne nocturne contestée

La veille du scrutin, plusieurs candidats, escortés par des Imbonerakure, membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, ont sillonné les collines pour démarcher les habitants jusque dans leurs maisons, présentant les noms des candidats à soutenir en échange de promesses d’argent.

Incidents graves

Au Lycée des Amis, sur la colline Dogodogo, zone Rugombo, commune Cibitoke, un militaire affecté à la sécurité du bureau de vote a tiré sur trois adolescentes qui couraient à proximité. Une d’entre elles, Francine N., 16 ans, élève en 8ᵉ année, a été appréhendée. Elle raconte : « On nous avait dit qu’après avoir voté, on allait nous donner de l’argent », confie-t-elle, encore tremblante. La police judiciaire est intervenue pour l’auditionner.

À Muyange (zone Rugajo, commune Mugina), la police a arrêté une personne en possession de 18 cartes électorales, tandis qu’une autre jeune fille détenait une carte non renseignée. Ces incidents s’ajoutent à de nombreux témoignages faisant état de fraudes massives, notamment la distribution de cartes électorales à des non-inscrits et le vote par procuration forcé.

Une faible participation et une population méfiante

À mi-journée, plusieurs centres restaient quasi déserts. Les habitants expliquent leur abstention par un profond sentiment d’inutilité : « On nous force à voter, mais en réalité ce ne sont jamais nos voix qui comptent », déplore un habitant rencontré à l’École fondamentale de Kagazi.

Les électeurs demandent des sanctions exemplaires contre les responsables de ces pratiques et réclament l’organisation de sessions de formation civique pour les futurs responsables de collines, afin qu’ils connaissent clairement leurs missions.

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Photo : un centre de vote pour les élections collinaires du 25 août 2025 en province de Bujumbura. ©SOS Médias Burundi

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