Rentrée scolaire : les parents de Bubanza et Cibitoke désemparés face à la flambée des prix des fournitures
SOS Médias Burundi
Cibitoke, 13 septembre 2025- Alors que la rentrée scolaire est prévue pour ce lundi 15 septembre 2025, de nombreuses familles des régions de Cibitoke et Bubanza de la province de Bujumbura, à l’ouest du pays, vivent dans l’angoisse. La pauvreté, le retard de paiement des récoltes de café et de coton ainsi que la hausse généralisée des prix plongent les parents dans une impasse.
Alors que les élèves attendent avec impatience la reprise des cours, une visite dans les marchés de fournitures scolaires révèle un constat alarmant : les stands de cahiers, uniformes et sacs demeurent déserts. Les commerçants assurent proposer leurs articles depuis plus d’un mois, mais ils peinent à trouver des clients.
Des parents sans moyens
Interrogés, plusieurs parents expliquent qu’ils n’ont tout simplement pas d’argent. « Les prix ont beaucoup augmenté, et la pauvreté frappe durement nos foyers », déplore l’un d’eux.
À Nyeshenza, dans la commune de Mugina, un père raconte qu’il comptait sur la vente de son café pour préparer la rentrée de ses enfants. Mais, deux mois après la récolte, il attend toujours d’être payé et se dit incapable de financer ni les fournitures ni l’internat de ses enfants au secondaire.
Un autre parent de la vallée de la Rusizi, cultivateur de coton, témoigne également de son désarroi : « La Compagnie de gérance du coton (Cogerco), gérée par l’État, n’est pas encore venue acheter ma production. Ma récolte est en train de pourrir et je n’ai aucune autre source de revenus. Comment mes enfants pourront-ils retourner à l’école ? », lance-t-il, amer.
Un appel pressant à l’État
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour réclamer l’intervention du gouvernement. Selon un chercheur en éducation, l’État devrait travailler main dans la main avec les commerçants afin de fixer un prix plafond pour les fournitures scolaires et sanctionner les cas de spéculation. Il appelle également les sociétés d’achat de café et de coton à accélérer le paiement des producteurs afin de leur permettre de subvenir aux besoins de leurs familles.
Les autorités locales relativisent
De leur côté, certains administrateurs locaux estiment que les parents attendent souvent le tout dernier moment pour effectuer leurs achats, et que les enfants iront bel et bien à l’école une fois la rentrée lancée. Mais sur le terrain, l’inquiétude grandit : si rien n’est fait, de nombreux enfants risquent de rester chez eux cette année scolaire, faute de moyens.
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Photo : Un marché de fournitures scolaires dans la région de Cibitoke, septembre 2025, où peu de parents se présentent en raison de la hausse des prix © SOS Médias Burundi
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