Malawi : un réfugié burundais battu presque à mort en pleine fièvre électorale
SOS Médias Burundi
Dzaleka, 16 septembre 2025 — Les violences qui ont émaillé les élections générales du 16 septembre au Malawi ont durement touché les réfugiés. À Lilongwe, un Burundais vivant au camp de Dzaleka a été sauvagement agressé par des jeunes qui l’accusaient de soutenir le président sortant Lazarus Chakwera.
Déjà à la veille du scrutin, des étrangers avaient été pris pour cible dans la capitale malawite. Accusés d’être favorables au président Chakwera, candidat à sa propre succession, ils ont été violemment attaqués par des groupes de jeunes.
Parmi les victimes, un réfugié burundais résidant au camp de Dzaleka, dans le district de Dowa.
Une agression brutale
« Il a été agressé, blessé et battu presque à mort. Des jeunes l’accusaient, avec d’autres étrangers surtout congolais, de profiter du laxisme du président actuel pour prospérer et s’accaparer des richesses destinées à la population malawite », racontent des témoins qui l’ont transporté à l’hôpital, agonisant.
Sa famille habite dans la zone de Karonga, au centre du camp de Dzaleka.
Un climat d’hostilité croissant
Une vingtaine d’étrangers, essentiellement des réfugiés, auraient été victimes de ces attaques selon des sources locales. Leurs familles accusent la police de complicité et de ne pas intervenir à temps.
Pendant toute la campagne électorale, de nombreux Malawites ont réclamé le départ des réfugiés et la fermeture des camps, dont celui de Dzaleka.
« Nous vivons désormais dans la peur. Sortir du camp, même pour chercher à manger ou travailler, peut nous coûter la vie », confie un réfugié burundais joint par SOS Médias Burundi.
Un camp sous tension
L’administration du camp, déjà confrontée à une hausse de la criminalité, a fortement recommandé aux réfugiés de ne plus sortir durant la période électorale. Elle demande également à la police de redoubler de vigilance et de répondre rapidement aux appels à l’aide des réfugiés.
Le camp de Dzaleka abrite plus de 50 000 réfugiés, dont plus de 11 000 Burundais.
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Photo : Le réfugié burundais agressé par des jeunes Malawites, photographié sur un lit d’hôpital. © DR/SOS Médias Burundi
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