Bururi – Matana : les agriculteurs crient à l’arnaque après trois mois sans paiement de l’ANAGESSA

Bururi – Matana : les agriculteurs crient à l’arnaque après trois mois sans paiement de l’ANAGESSA

SOS Médias Burundi

Bururi, 21 septembre 2025 – Des producteurs de maïs des communes Bururi et Matana, en province de Burunga dans le sud du Burundi, attendent toujours l’argent de leur récolte livrée à l’Agence nationale de gestion du stock stratégique alimentaire (ANAGESSA). Trois mois de retard, des dettes qui s’accumulent et des enfants privés d’école : l’impatience grandit, tandis que l’agence invoque des lenteurs bancaires.

Dans la petite nation de l’Afrique de l’Est, les cultivateurs de maïs dénoncent une situation insoutenable. « J’espérais être payé à temps. Aujourd’hui, mes enfants ne vont toujours pas à l’école », confie un agriculteur, incapable d’acheter le matériel scolaire pour sa progéniture.

Des dettes et la peur des poursuites

Beaucoup de paysans avaient contracté des prêts pour financer leur culture. Désormais, ils disent être étranglés par les institutions de microfinance.
« La Coopec (Coopérative d’épargne et de crédit) me réclame sans cesse son argent, que je n’ai pas. Je crains même d’être poursuivi en justice », explique Joseph Ntahimpera, cultivateur à Matana.

Certains envisagent même de réclamer la restitution de leurs récoltes si l’ANAGESSA continue de retarder les paiements.

L’ANAGESSA plaide la lenteur des banques

Interrogé par SOS Médias Burundi, Éric Nduwayezu, responsable du suivi des activités de l’agence dans les communes concernées, reconnaît le retard mais demande aux producteurs de patienter :
« Les paiements prennent du temps car ils doivent d’abord transiter par les banques. Le dossier est en cours de traitement », assure-t-il.

Une crise qui dépasse Bururi et Matana

Le cas des communes de Bururi et Matana n’est pas isolé. Dans plusieurs régions du pays, des cultivateurs affirment subir les mêmes retards de paiement. Ils se lamentent et accusent les responsables de l’agence de « nous piller ».

Une accusation lourde, qui illustre la perte de confiance croissante entre les producteurs et l’ANAGESSA.

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Photo : Un point de vente de maïs réservé à l’ANAGESSA, dans l’ouest du Burundi. Cette agence publique est chargée de la gestion stratégique des stocks alimentaires à travers le pays. © SOS Médias Burundi

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