Bujumbura : quand les loyers deviennent un casse-tête pour les familles et jeunes mariés

Bujumbura : quand les loyers deviennent un casse-tête pour les familles et jeunes mariés

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 19 septembre 2025- À Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées les agences des Nations unies et l’administration centrale, trouver une maison à louer relève du parcours du combattant. La forte dévaluation du franc burundais et la flambée des loyers mettent particulièrement à mal les familles à revenus modestes et les jeunes mariés, fragilisant davantage la population face à la cherté de la vie.

La hausse des loyers rend l’accès au logement de plus en plus difficile pour les demandeurs, surtout les familles aux revenus modestes. La dépréciation du franc burundais accentue cette crise : un dollar américain qui valait officiellement 2 000 Fbu il y a quelques années s’échange aujourd’hui autour de 7 500 à 8 000 Fbu sur le marché parallèle. L’euro suit la même tendance, poussant les propriétaires à réévaluer leurs loyers, souvent indexés sur les devises étrangères.

Des loyers multipliés par deux ou trois

La conséquence est visible : dans plusieurs quartiers, les loyers ont doublé, voire triplé.

Quartier Ancien loyer moyen (avant 2022) Loyer actuel moyen (2025)

Kiriri, Rohero, Kabondo (huppés) 800 000 – 1 000 000 Fbu 2 000 000 – 3 000 000 Fbu
Kinindo, Mutanga Sud, Nyakabiga (intermédiaires) 400 000 – 600 000 Fbu 800 000 – 1 200 000 Fbu
Kamenge, Ngagara, Kanyosha (populaires/périphériques) 150 000 – 200 000 Fbu 400 000 – 500 000 Fbu

Les jeunes mariés en détresse

Cette flambée n’épargne pas les jeunes couples. Beaucoup se heurtent à l’impossibilité de trouver un logement abordable à quelques semaines de leur mariage.

« Nous avions prévu de nous marier en septembre, mais nous n’avons trouvé aucun logement abordable. Nous avons dû reporter notre mariage à novembre. Comment commencer notre vie à deux dans ces conditions ? » confie Prosper Hajayandi, habitant de la commune de Mugere dans le sud de Bujumbura.

Une cherté de vie qui accentue les inégalités

La hausse des loyers s’ajoute à celle des produits de première nécessité.

« Avec mon salaire de 350 000 Fbu par mois, je ne peux plus payer à la fois le loyer, la nourriture, l’école des enfants et les soins de santé. Nous devons partager une maison avec une autre famille, sinon nous n’avons nulle part où aller », explique Marius Nahabandi, habitant de Mutakura dans le nord de la capitale économique.

Un défi social et économique

Pour les propriétaires, la dévaluation du franc ne laisse guère de choix :

« Nous devons réévaluer nos loyers. Même si nous comprenons la situation des locataires, nous ne pouvons pas continuer à louer aux mêmes tarifs qu’avant », confie un agent immobilier à Bujumbura.

Selon un expert en logement, « la flambée des loyers à Bujumbura est directement liée à la dévaluation de notre monnaie et à la hausse générale du coût de la vie. Sans régulation et politiques publiques adaptées, les jeunes et les familles à revenus modestes continueront à être les premières victimes. »

La crise du logement à Bujumbura traduit une urgence sociale majeure. Les autorités publiques sont interpellées pour envisager des mécanismes de régulation du marché immobilier et mettre en place des politiques de logement accessibles afin de soulager une population déjà fragilisée par la dévaluation et la cherté de la vie.

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Photo : vue aérienne d’une artère principale de Bujumbura, avec une circulation dense et des commerces le long de la route, septembre 2025 © SOS Médias Burundi

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