Bujumbura : la pénurie d’eau potable inquiète la population
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 22 septembre 2025 – La ville de Bujumbura, capitale économique et principale ville du Burundi, où toutes les agences des Nations-Unies et l’administration centrale sont concentrées, fait face à une pénurie d’eau potable persistante qui affecte presque tous ses quartiers. La REGIDESO, seule entreprise étatique chargée de la distribution de l’eau et de l’électricité, explique que cette situation découle des travaux de réhabilitation du barrage de Rubirizi, tout en soulignant que la population de la capitale économique ne cesse de croître.
Dans le nord de Bujumbura, notamment dans les zones de Cibitoke, Kinama et Kamenge, les habitants vivent dans l’angoisse du manque d’eau potable qui perdure par intermittence. Cette situation perturbe gravement la vie quotidienne et paralyse les activités économiques, en particulier celles des restaurateurs.
Pour se procurer de l’eau, certains habitants sont contraints de recourir aux taxis-vélos qui vendent un bidon de 20 litres entre 1 000 et 1 500 francs burundais. Plusieurs restaurateurs signalent qu’ils travaillent à perte, devant acheter de l’eau à des prix exorbitants alors que le coût des produits de première nécessité reste inchangé.
« Moi, je passe trois jours sans avoir aucune goutte d’eau dans mon robinet. Je fais recours aux conducteurs de vélos pour obtenir de l’eau et je suis obligé de payer entre 1 000 et 1 500 francs burundais pour continuer mon travail, mais j’ai peur que les maladies liées aux mains sales puissent nous affecter », déplore un restaurateur de Kamenge.
D’autres habitants, dans les quartiers centraux de Bwiza et Nyakabiga, subissent également de longues périodes sans eau, ce qui accroît les risques sanitaires, d’autant plus que des cas récents de choléra ont été signalés. La population demande au gouvernement, et plus particulièrement à la REGIDESO, de rétablir rapidement l’accès à l’eau potable.
Lors des cérémonies marquant le 64e anniversaire de la victoire du parti UPRONA, parti qui a joué un rôle central lors de l’indépendance du Burundi, Olivier Nkurunzinza, président du parti, a rappelé que la vision d’un pays émergent en 2040 et d’un pays développé en 2060 ne peut se concrétiser sans une gestion efficace de l’eau.
« La pénurie d’eau cause des maladies liées aux mains sales, telles que le choléra, la dysenterie et d’autres. L’eau est un élément fondamental dans la vie humaine », a-t-il insisté, appelant la REGIDESO à trouver une solution immédiate dans l’intérêt des habitants de Bujumbura.
Les communiqués de la REGIDESO indiquent que cette perturbation est due aux travaux de réhabilitation du barrage de Rubirizi et à l’expansion rapide des quartiers urbains, qui accroît la demande en eau potable.
____________________________________________
Photo : Un conducteur de taxi-vélo transporte de l’eau qu’il s’apprête à vendre à Rumonge, au sud-ouest, illustrant la pénurie qui paralyse la vie quotidienne dans la ville commerciale de Bujumbura, septembre 2025. © SOS Médias Burundi
You might also like
Ngozi : contribution forcée pour les prochaines élections
Selon nos sources en province de Ngozi au nord du Burundi, des responsables des quartiers et des collines sont en train de sensibiliser la population à des contributions destinées aux
Muyinga-Kirundo : les sites de Cibari et Runanira tardent d’être viabilisés, les propriétaires des parcelles mécontents
Cela fait maintenant 10 ans que les sites de Cabari et Runanira respectivement dans les provinces de Muyinga et Kirundo (nord-est du Burundi) attendent d’être viabilisés alors que leurs propriétaires
Nyanza-Lac : le chauffeur du véhicule de la responsable communale tire à balles réelles pour intimider des habitants
Des habitants de la colline Bukeye en commune Nyanza-Lac, province Makamba (sud du Burundi) dénoncent le comportement du chauffeur du véhicule de la commune. Il a récemment intimidé deux jeunes
