Bujumbura : À l’orphelinat Oasis de Gihosha, des enfants exposés à des soins inadaptés
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 22 octobre 2025–L’orphelinat Oasis, situé à Gihosha, tout près du Sanctuaire Marial de Schoenstatt – Mont Sion Gikungu, dans le nord de la capitale économique Bujumbura, est au centre d’inquiétudes grandissantes. Les voisins et certaines personnes ayant visité les lieux dénoncent les conditions de vie précaires des 18 enfants qui y résident, ainsi que l’absence de personnel qualifié pour assurer leur suivi médical et leur bien-être.
Selon plusieurs témoignages recueillis par SOS Médias Burundi, les responsables de l’orphelinat auraient recours à des pratiques de soins traditionnelles non médicalisées pour traiter certaines maladies.
« Un jour, j’ai vu trois enfants, dont un de deux mois et un autre de dix mois, à qui on venait de couper la luette », raconte une personne choquée après une visite sur place.
À l’orphelinat, cette pratique aurait été présentée comme « une coutume habituelle », alors qu’elle peut entraîner de graves complications médicales, selon des professionnels de santé contactés.
Absence d’examens médicaux et risques sanitaires
Des sources proches de l’établissement affirment que les enfants accueillis ne subissent pas d’examens médicaux préalables, notamment de sérologie, avant leur admission. Une situation qui pourrait exposer l’ensemble des pensionnaires à des risques de contamination en cas de maladies transmissibles.
Manque criant de personnel qualifié
Les personnes chargées de s’occuper des enfants ne disposent pas de formation adaptée, déplorent plusieurs habitants du quartier.
« La majorité n’a qu’un niveau d’études secondaires. Une ou deux seulement fréquenteraient l’université », précise une source locale.
Ce manque de compétences contribuerait, selon elle, à la mauvaise prise en charge des enfants, dont plusieurs sont encore en bas âge et nécessitent des soins constants.
Un établissement en dérive depuis la mort de son fondateur
L’orphelinat Oasis a été fondé il y a plusieurs années par un prêtre, aujourd’hui décédé depuis environ cinq ans. Il l’avait créé de manière indépendante, sans rattachement officiel à l’Église catholique.
Depuis son décès, la gestion de l’établissement se serait fortement détériorée. Contrairement à d’autres structures similaires, Oasis ne disposerait ni de médecin ni d’infirmier pour assurer le suivi sanitaire des enfants, confirment plusieurs sources concordantes.
Appel à une intervention urgente
Les voisins et habitants du quartier appellent les autorités compétentes à intervenir rapidement.
« Ces enfants ont besoin d’une prise en charge adaptée et d’un encadrement digne de ce nom », insiste un habitant.
Ils demandent que les pensionnaires soient transférés vers des institutions capables d’assurer leur sécurité, leur santé et leur développement.
Contactés par SOS Médias Burundi, les responsables de la Direction générale en charge des droits des enfants n’étaient pas disponibles pour réagir.
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Photo : le bâtiment abritant l’orphelinat Oasis dans le nord de la capitale économique du Burundi, Bujumbura. Octobre 2025. © SOS Médias Burundi
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