Musenyi : l’administration de Musongati veut restaurer l’ordre et renforcer la transparence au site de réfugiés
SOS Médias Burundi
Musongati, 23 octobre 2025 — Claudine Niyoyitungira, administratrice de la commune de Musongati, dans la province de Burunga au sud du Burundi, a effectué une visite de terrain ce mercredi au site de réfugiés de Musenyi, désormais sous sa juridiction. Ce site dépendait autrefois de l’ancienne commune de Giharo, fusionnée avec Mpinga-Kayove et Musongati à la suite du récent redécoupage territorial.
Musenyi abrite plus de 19 000 réfugiés congolais, essentiellement originaires de la province du Sud-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo.
Cette visite intervient dans un contexte tendu, quelques jours après une manifestation organisée par un groupe de femmes réfugiées dénonçant une distribution humanitaire jugée inéquitable.
« Les fauteurs de troubles seront sanctionnés »
S’adressant aux leaders communautaires et aux représentants des organisations humanitaires, Mme Niyoyitungira a tenu un discours ferme sur la sécurité.
« Toute personne impliquée dans des troubles ou violences au sein du camp sera sévèrement sanctionnée, conformément à la loi burundaise. Ces individus seront transférés à la prison de Rutana », a-t-elle averti.
Son message vise à rétablir le calme dans un site où, selon plusieurs sources internes, les tensions se sont multipliées ces derniers jours.
Des écoles privées sous surveillance
L’administratrice a également évoqué la prolifération d’écoles privées créées par des réfugiés congolais à l’intérieur du site. Certaines suivraient le système éducatif congolais et seraient affiliées à des institutions congolaises basées à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, où sont concentrées les agences des Nations Unies et l’administration centrale.
Mme Niyoyitungira a annoncé son intention de convoquer les fondateurs de ces établissements afin de vérifier leur conformité avec la législation burundaise.
« Je veux comprendre qui est à l’origine de ces écoles et sous quelle réglementation elles fonctionnent. Il n’est pas acceptable que des structures éducatives opèrent en dehors du cadre légal burundais », a-t-elle déclaré.
Coordination humanitaire renforcée
En marge de cette visite, une autre réunion a eu lieu entre l’administration communale, la direction du site et les partenaires humanitaires présents sur le terrain. L’objectif : faire l’état des lieux des interventions et améliorer la coordination entre les différents acteurs.
« Nous devons savoir exactement quelles organisations travaillent, sur quels projets et pour quelles cibles. Cela permettra plus d’équité et de transparence », a souligné Mme Niyoyitungira.
Le représentant des réfugiés, Dieudonné Sumbu, a salué cette démarche :
« Une collaboration étroite avec l’administration communale est essentielle pour instaurer la paix et assurer le développement dans le site. »
Les réfugiés appellent à une meilleure écoute
Sous couvert d’anonymat, un leader communautaire réfugié a confié :
« Nous saluons la venue des autorités. Mais il est crucial que nos doléances ne soient pas ignorées. Nous demandons une sécurité renforcée la nuit, davantage de sensibilisation pour la cohabitation avec les habitants et surtout, le respect de notre droit à circuler librement dans la commune. »
Au Burundi, la gestion des sites de réfugiés relève de l’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), sous la supervision du ministère de l’Intérieur. L’administration communale assure, pour sa part, la coordination des affaires civiles locales.
_______________________________________________
Photo : Une partie du site de Musenyi abritant des réfugiés congolais ,avril 2025 © SOS Médias Burundi
You might also like
Meheba (Zambie) : une re-vérification qui inquiète
Le gouvernement de la République de Zambie, par l’intermédiaire du Bureau national en charge des réfugiés et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a annoncé une nouvelle
Kakuma (Kenya) : retard considérable dans la distribution de la ration
Plus de deux mois viennent de s’écouler sans que les réfugiés soient approvisionnés en ration alimentaire et en cash. Ils parlent de retard inquiétant alors qu’ils n’ont pas eu d’explication
Nyarugusu (Tanzanie) : l’heure de la circoncision des adultes a sonné
Une campagne pour la circoncition des adultes est menée par deux intervenants dans la santé, la Croix Rouge et Medical Team International, MTI. Elle va durer deux mois, jusqu’en décembre
