Nduta (Tanzanie) : un « Imbonerakure » reconnu et appréhendé par des réfugiés

Nduta (Tanzanie) : un « Imbonerakure » reconnu et appréhendé par des réfugiés

SOS Médias Burundi

Nduta (Tanzanie), 24 octobre 2025 — La tension a culminé mercredi soir au camp de réfugiés de Nduta, dans le nord-ouest de la Tanzanie, lorsqu’un homme présenté comme un membre de la ligue des jeunes du CNDD-FDD, les Imbonerakure, a été reconnu par d’anciens occupants du camp et appréhendé par des réfugiés en colère avant l’intervention de la police.

Reconnu sous plusieurs patronymes, Pierre Ndagijimana, Pierre Nzobonimpa, et surnommé « Ganja », l’individu est originaire de la commune Ruyigi, en province de Burunga, à l’est de la petite nation de l’Afrique de l’Est. Selon des témoins, il aurait déjà séjourné au camp avant d’être rapatrié en 2020, après avoir dénoncé plusieurs réfugiés qu’il accusait de collusion avec des groupes armés. Plusieurs des personnes ainsi dénoncées sont depuis portées disparues.

Un rescapé, qui affirme avoir été torturé après une dénonciation, a reconnu l’homme cette semaine et alerté ses compatriotes, déclenchant son arrestation par des réfugiés. Remis à la police du camp, il devait être interrogé publiquement samedi. Mais, selon plusieurs sources réfugiées, l’homme a depuis disparu des locaux policiers, sans explication officielle.

« Il n’est plus dans les cachots de la police. Deux options : soit il a été tué, soit il a été exfiltré et renvoyé au Burundi », rapporte un réfugié joint par SOS Médias Burundi.

Contactée, la police du camp n’a fourni aucune explication détaillée, se contentant de réponses évasives selon des témoins. Pour les réfugiés, cette disparition alimente les soupçons d’une opération concertée impliquant des autorités tanzaniennes et burundaises ; ils exigent que l’homme soit retrouvé et présenté à la justice pour répondre des crimes dont ils l’accusent.

Le camp de Nduta, qui accueille plus de 58 000 réfugiés burundais, est régulièrement cité dans des affaires d’infiltration et d’exactions imputées aux Imbonerakure, accusations fermement rejetées par les responsables du CNDD-FDD, qui présentent la ligue de jeunesse comme un appui à la sécurité et au développement. En août 2024, le président Évariste Ndayishimiye avait publiquement salué leur rôle dans la sécurisation des frontières et encouragé le renforcement des rondes nocturnes sur les collines.

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Photo : Des Imbonerakure en parade militaire au stade Ingoma de Gitega, capitale politique du Burundi, lors de la 9ᵉ édition de la journée qui leur est dédiée. © SOS Médias Burundi

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