Burundi : des salaires misérables qui affament les fonctionnaires et paralysent le pays

Burundi : des salaires misérables qui affament les fonctionnaires et paralysent le pays

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 24 octobre 2025 — Au Burundi, des fonctionnaires épuisés et sous-payés dénoncent des salaires dérisoires qui les empêchent de subvenir aux besoins vitaux, fragilisant le service public et freinant le développement national.

Mal payés, épuisés, affamés… Les fonctionnaires burundais tirent la sonnette d’alarme face à des conditions de vie de plus en plus intenables. Incapables d’assurer un logement, le transport ou les soins de leurs familles, ils dénoncent une situation qui mine non seulement leur dignité, mais freine dangereusement le développement national.

« Comment peut-on travailler l’estomac vide après avoir marché 20 kilomètres pour rejoindre son poste ? » s’indigne Fidèle Niyonkuru, syndicaliste au ministère burundais de la Santé.
Son cri du cœur traduit le désarroi d’une grande partie des fonctionnaires de la petite nation de l’Afrique de l’Est, accablés par des salaires dérisoires et des conditions de vie de plus en plus intenables.

M. Niyonkuru, un syndicaliste engagé, dénonce une situation qu’il juge inacceptable et contraire à la dignité humaine.

Des salaires trop maigres pour survivre

Ce témoignage reflète la réalité de milliers de travailleurs de la fonction publique, contraints de vivre avec des salaires si bas qu’ils ne permettent même plus de subvenir aux besoins vitaux.
Depuis plusieurs années, la majorité d’entre eux ne parviennent plus à payer leur loyer ni à couvrir les frais de transport. Beaucoup parcourent chaque jour de longues distances, parfois jusqu’à vingt kilomètres, pour rejoindre leur poste à pied. Et une fois sur place, ils exercent leurs fonctions le ventre vide.

Un service public en déclin, un pays en panne

Cette précarité chronique a des conséquences directes sur la qualité des services publics et, par ricochet, sur toute l’économie du pays.
« On ne peut pas espérer un bon rendement quand un travailleur est épuisé, affamé et démoralisé », insiste M. Niyonkuru.
Le développement de la petite nation de l’Afrique de l’Est s’en trouve inévitablement ralenti.

Des droits fondamentaux bafoués

Le syndicaliste dénonce une situation contraire aux droits humains les plus élémentaires.
« Le droit à un logement décent, à la santé, à l’éducation… rien n’est garanti aujourd’hui », regrette-t-il.
Selon lui, les travailleurs burundais disposeraient de motifs suffisants pour saisir la justice, le pays ayant ratifié plusieurs conventions internationales garantissant ces droits fondamentaux.

Un contraste frappant avec les ambitions nationales

Alors que l’État burundais affiche une vision ambitieuse d’un pays émergent à l’horizon 2040 et développé à l’horizon 2060, la réalité sur le terrain est toute autre.
« Le taux de mortalité est très élevé, et les familles sont abandonnées à elles-mêmes. Quelle émergence peut-on espérer dans ces conditions ? » s’interroge M. Niyonkuru.

Face à cette crise sociale qui gangrène la fonction publique, une réforme urgente de la politique salariale s’impose.
Les travailleurs, piliers du service public, ne peuvent être les oubliés d’un développement qui se veut inclusif.
Si l’État burundais veut réellement atteindre ses objectifs à long terme, il devra commencer par garantir le respect des droits fondamentaux de ses propres employés.

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Photo : Des résidents de Bujumbura, dont des fonctionnaires, attendent en vain un bus dans un parking de la capitale économique, espérant rejoindre le nord de la ville. © SOS Médias Burundi

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