PinceauSansFiltre : le Forum des Femmes Leaders ou le grand show personnel d’Angeline Ndayishimiye Ndayubaha
Si Bujumbura vibrait aux couleurs chatoyantes du pagne africain cette semaine, ce n’était pas juste pour célébrer : c’était le tapis rouge que la Première Dame avait déroulé pour sa 6ᵉ édition du Forum des Femmes Leaders. Une sorte de festival où la « bienveillance maternelle » rime étrangement avec mise en scène présidentielle.
Jamais dans l’histoire burundaise, ni sous la 1ʳᵉ République, ni à l’époque du royaume, une Première Dame n’a occupé un tel trône institutionnel. Angeline Ndayishimiye Ndayubaha n’a pas juste un « rôle de représentation » : elle dirige l’Office de la Première Dame pour le Développement au Burundi (OPPDD), un organe financier et politique solide, largement visible.
Certains chiffres font frémir : selon l’UNICEF, le budget de l’État pour 2024-25 est de 5 075 milliards de francs burundais (BIF). Ce n’est pas l’OPPDD qui reçoit tout, bien sûr ! Mais dans un pays où pauvreté et insécurité alimentaire restent des réalités lourdes, on peut légitimement se demander : quelle proportion de ce pouvoir et de ce prestige est vraiment dédiée aux plus vulnérables, et quelle part sert à entretenir une vitrine de pouvoir ?
Angeline Ndayishimiye Ndayubaha s’est aussi dotée d’une fondation, la Fondation Umugiraneza, officiellement dédiée à « la bonne action », à l’autonomisation des femmes, à la santé et à l’éducation. Altruiste ! Très noble, sur le papier, en effet. Sauf quand on organise des forums de luxe, invite des premières dames venues du monde entier et parle de « développement harmonieux » : cela ressemble parfois plus à du lobbying social-gala qu’à un plan concret pour les Burundais les plus pauvres.
Ndabazi ! Nk’ubu mugomba muze kuntera amabuye. Hic ! Les détracteurs diront que c’est cynique, que c’est une vitrine de pouvoir plus qu’un véritable outil de changement. Reka ndabisubiremwo : « Honni soit qui mal y pense » ! Certes, mais est-ce que cette vitrine brille vraiment pour ceux qui manquent de pain, d’éducation ou d’infrastructures ? Ou bien est-ce surtout un show de prestige, financé par un État déjà aux prises avec des choix budgétaires délicats ?
Bon début de week-end. SALIYUTI !
You might also like
LES REVES DE BAREGEYA « OBR du Burundi et OBR tanzanien ! » et manque de camions citernes : quand le mensonge prend le pouvoir
Le carburant devient une perle rare au Burundi. Difficile de savoir ce qui se passe. Difficile, voire impossible, de dire la vérité à ce sujet qui pousse le président à
LES RÊVES DE BAREGEYA -des sanctions qui risquent de fermer la bouche des insensés
Rassasiés, les « dirigeants » burundais (considérez les guillemets) clament haut et fort que les Burundais mangeaient et vivaient sans aides étrangères. Ce qui n’est pas faux mais c’est dans
LES RÊVES DE BAREGEYA : ces voyages budgétivores et stériles du président burundais-le lourd fardeau du pauvre contribuable!
Le président burundais effectue mille et un voyages. A l’allée comme au retour, tambour battant, différentes personnalités font le déplacement jusqu’à l’aéroport pour les courbettes. Mais, après plus de 3
