Burundi : Ndayishimiye invite les journalistes détenus à demander pardon officiellement
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 2 décembre 2025 – Des journalistes restent derrière les barreaux pour des motifs jugés flous, tandis que le président burundais Évariste Ndayishimiye les invite à officialiser une demande de pardon, accentuant le débat sur la liberté de la presse et l’accès à la grâce présidentielle.
Alors que la journaliste Sandra Muhoza a été signifiée ce lundi de son maintien en détention, et que le journaliste Kenny Claude Nduwimana reste détenu dans les cachots du Service national de renseignement (SNR) depuis fin octobre, après avoir été retiré de la prison centrale de Bujumbura dite Mpimba, le président Évariste Ndayishimiye les a invités à officialiser une demande de pardon.
« Ils savent par quelle voie cela se fait », a-t-il déclaré lundi à des reporters dans la ville commerciale Bujumbura, citant le cas de la journaliste Floriane Irangabiye, graciée le 14 août 2024 par le président alors qu’elle purgeait une peine de dix ans de prison ferme depuis janvier 2023.
Cette déclaration relance le débat sur le traitement des journalistes au Burundi et sur l’accès à la grâce présidentielle, tout en rappelant la situation de ceux qui restent derrière les barreaux dans un contexte de pressions sur la liberté de la presse.
Le chef de l’État a indiqué ne pas être pleinement informé du dossier de Sandra Muhoza. Arrêtée en mars 2024, la journaliste avait d’abord été détenue à Bujumbura avant d’être transférée à la prison de Ngozi ( nord du Burundi), où elle est actuellement incarcérée. Condamnée en décembre 2024 à 21 mois de prison pour un message partagé dans un groupe WhatsApp, Sandra Muhoza — journaliste du média indépendant La Nova Burundi — est devenue un symbole des pressions exercées sur la liberté de la presse dans le pays.
Les accusations portées contre elle, supposée atteinte à l’« image du Burundi » et « aversion ethnique », sont qualifiées de floues et politiquement motivées par ses avocats. Son maintien en détention a été signifié ce lundi après une audience du 19 novembre, une décision que ses avocats dénoncent comme « injustifiée » et « illégale ».
Une décision contestée par la défense
Rémy Nsabimana, l’un des avocats de Sandra Muhoza, a vivement critiqué la décision de la Cour d’appel de Ngozi. Selon lui, la défense avait démontré que l’arrestation et la détention de la journaliste ne reposaient sur aucune base légale. Il estime que cette décision porte un coup au droit et annonce que l’équipe de défense préparera désormais le procès au fond devant la Cour supérieure de Ngozi.
Pour le dossier du journaliste Kenny Claude Nduwimana, le président Ndayishimiye a indiqué qu’il avait connaissance de l’affaire. « Il a commis d’autres délits ou fautes alors même qu’il était en prison », a-t-il déclaré, conseillant aux deux journalistes de formaliser une demande de pardon.
Un troisième journaliste, Didier Ndihokubwayo, ancien de Radio Maria Burundi, détenu à Mpimba depuis décembre 2024 et poursuivi notamment pour « détention illégale d’armes », a récemment été condamné à trois ans de prison ferme. Son cas n’a pas été évoqué lors de la séance de ce lundi à Bujumbura.
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Photo : Le président Évariste Ndayishimiye s’exprime devant la presse au palais de Bujumbura, le 1er décembre 2025, et invite deux journalistes détenus à formaliser officiellement leur demande de pardon. © SOS Médias Burundi
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