Tanzanie : plusieurs dizaines de jeunes réfugiés portés disparus dans les camps de Nduta et Nyarugusu

Tanzanie : plusieurs dizaines de jeunes réfugiés portés disparus dans les camps de Nduta et Nyarugusu

SOS Médias Burundi

Kigoma, 5 décembre 2025- L’inquiétude grandit dans les camps de réfugiés de Nduta et de Nyarugusu, dans la région de Kigoma, au nord-ouest de la Tanzanie, où plusieurs dizaines de jeunes sont portés disparus depuis des semaines, parfois des mois. Ils auraient quitté les camps pour travailler dans des champs ou dans des fermes tanzaniennes — un travail réputé bien payé selon des témoignages — mais n’ont plus donné aucun signe de vie.

Au camp de Nduta, plus de 30 jeunes sont introuvables. À Nyarugusu, on en compte une vingtaine. Certains avaient informé leurs parents de leur départ, d’autres sont partis en secret sans préciser leur destination.

Des familles s’alarment : dans la zone 8, village 21, numéro 26 à Nduta, ou encore dans les zones 7 et 3, cinq jeunes âgés de 15 à 17 ans ont quitté le camp il y a trois mois. Depuis, plus aucune nouvelle.

À Nyarugusu, les familles ayant saisi la police sont d’origine burundaise et congolaise.
« Plus de nouvelles. Ils ont laissé l’école. On ne sait pas s’ils sont morts ou vivants », déplorent plusieurs parentés. Elles ont signalé les disparitions à la police et au HCR pour qu’une enquête approfondie soit menée.

La semaine dernière, trois jeunes ont été retrouvés dans une autre province que Kigoma. Ils avaient quitté leur camp dans des conditions similaires, mais leurs familles avaient rapidement alerté les autorités, ce qui a permis leur localisation.

La police affirme que lorsqu’elle est informée à temps, elle peut agir rapidement et mener des enquêtes qui aboutissent.

Cependant, dans la majorité des cas, les familles disposent de peu ou pas d’informations sur la destination de leurs enfants, ce qui complique les recherches et alimente la peur d’un drame.

Des administratifs tanzaniens ainsi que des leaders communautaires dans les camps redoutent que ces disparitions répétées soient liées à un réseau de trafic humain.
Ils appellent les réfugiés à la vigilance et à signaler tout comportement inhabituel concernant les jeunes.

Les camps de Nduta et Nyarugusu abritent plus de 110 000 réfugiés burundais, dont de nombreux jeunes vulnérables à l’exploitation.

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Photo : des réfugiés burundais, dont de jeunes hommes et des filles, rassemblés sur une place publique du camp de Nyarugusu, où plusieurs jeunes sont récemment portés disparus. © SOS Médias Burundi

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