Buhumuza : un nouveau site ouvert en urgence pour accueillir l’afflux de réfugiés congolais
SOS Médias Burundi
Ruyigi, 11 décembre 2025 — Depuis l’après-midi de mardi 9 décembre, un afflux important de réfugiés congolais est observé dans la province de Buhumuza, en commune Ruyigi, à l’est de la petite nation de l’Afrique de l’Est. Des centaines de personnes, fuyant l’insécurité croissante dans l’Est de la RDC — notamment autour de la ville d’Uvira tombée récemment — traversent la frontière pour se réfugier sur la colline Busuma, où un nouveau site d’accueil est en cours d’installation.
Plus de 1 500 réfugiés en moins de 24 heures
Ce mercredi, au lendemain de la première vague d’arrivées, 1 503 réfugiés étaient déjà installés dans des abris de fortune faits de pagnes, de quelques bâches distribuées en urgence, ou simplement de feuilles d’arbres. Certains sont restés totalement exposés jusqu’à la tombée du soir, ont constaté les reporters de SOS Médias Burundi.
Le HCR, accompagné de plusieurs organisations humanitaires locales — le COPED, la Croix-Rouge du Burundi et HealthNet TPO — s’est immédiatement déployé pour apporter une première assistance.
Des femmes, des enfants et des vieillards dans un état de grande vulnérabilité
Selon des sources locales et humanitaires, les réfugiés sont majoritairement composés de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Beaucoup affirment avoir fui des affrontements violents, des exactions contre des civils ou encore des bombardements autour d’Uvira et des localités voisines.
La plupart viennent des communautés Bashi, Bafulero et Barundi, regroupées dans les environs immédiats d’Uvira et des centres urbains qui l’entourent.
« Nous avons fui dans la panique. Des balles perdues ont touché des gens près de nous. Certains membres de nos familles ont disparu pendant la fuite », raconte une réfugiée Bafulero, encore sous le choc.
Plusieurs réfugiés remercient le Burundi pour leur avoir ouvert ses frontières et offert un premier refuge.
Un site d’urgence en cours d’aménagement pour 20 000 personnes
Face à l’ampleur de l’afflux, les autorités burundaises ont lancé l’aménagement d’un nouveau site de réfugiés sur la colline Busuma. Dès les premières arrivées, l’administratrice de Ruyigi, Diane Niyibitanga, en collaboration avec l’ONPRA et les partenaires humanitaires, a mis en place un dispositif d’accueil provisoire.

Selon Christian Igirukwishaka, administrateur du nouveau site, celui-ci pourra héberger jusqu’à 20 000 personnes à mesure que des abris semi-permanents seront construits.
Des besoins immenses : nourriture, eau, soins, abris
Les besoins humanitaires demeurent critiques :
accès insuffisant à la nourriture,
manque d’eau potable — le seul point d’eau se trouve à près d’un kilomètre et est partagé avec la communauté hôte et l’école fondamentale de Bikinga,
risques élevés de maladies liées à la promiscuité,
absence d’articles de première nécessité.
Selon un agent humanitaire, sous anonymat, le nombre de réfugiés pourrait atteindre 6 000 d’ici la fin de la semaine si le rythme des arrivées continue.
Pression sur les communautés hôtes
Les habitants de Busuma et des collines voisines appellent l’État et ses partenaires à augmenter le soutien pour éviter des tensions liées à la pression sur des ressources locales déjà limitées.
Un pays déjà fragile face à l’accueil des réfugiés
La petite nation de l’Afrique de l’Est abrite déjà plus de 100 000 réfugiés congolais, principalement originaires de l’est de la RDC. Les autorités burundaises réaffirment leur engagement à protéger toute personne en quête d’asile, mais sollicitent un appui renforcé de la communauté internationale.
« J’appelle toutes les âmes charitables et nos partenaires à venir en aide à ces vulnérables », a déclaré l’administratrice Diane Niyibitanga.
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Photo : dans le nouveau site de Busuma, à Ruyigi, un homme serre un bébé dans ses bras, alors que les réfugiés congolais font face à des conditions de vie précaires.© SOS Médias Burundi
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