Choléra à Rumonge : au moins 7 réfugiés congolais morts en deux semaines

Choléra à Rumonge : au moins 7 réfugiés congolais morts en deux semaines

SOS Médias Burundi

Rumonge, 23 décembre 2025 – Une épidémie de choléra meurtrière frappe la ville portuaire de Rumonge, dans le sud-ouest du Burundi. Au cours des deux dernières semaines, au moins sept réfugiés congolais sont morts, alors que des milliers d’autres vivent dans des conditions extrêmement précaires.

La situation humanitaire devient de plus en plus dramatique dans la ville portuaire de Rumonge, où un afflux massif de réfugiés congolais dépasse largement les capacités locales d’accueil. Selon les autorités locales, sur plus de 25 000 réfugiés congolais accueillis depuis le début du mois de décembre, plus de 10 000 restent encore hébergés à Rumonge, tandis que les autres ont été transférés vers différents camps à l’intérieur du pays, qui souffrent eux aussi d’un manque criant de ressources.

Des sites d’accueil hors normes humanitaires

À Rumonge, les réfugiés sont répartis sur quatre sites temporaires.
Aucun de ces sites ne répond aux normes humanitaires minimales.

Les réfugiés y vivent entassés, souvent à la belle étoile, sans accès suffisant à l’eau potable, aux latrines ni aux soins de santé. Cette situation favorise la propagation rapide des maladies hydriques, en particulier le choléra, mais aussi le paludisme et les maladies diarrhéiques.

Une situation sanitaire alarmante

Lors d’une réunion tenue le lundi 22 décembre 2025, les autorités locales ont alerté l’opinion locale, nationale et internationale sur la gravité de la situation. Le responsable local, Augustin Minani, a confirmé que sept décès liés au choléra ont été enregistrés sur une dizaine de cas recensés au cours des deux dernières semaines.

Il a souligné que la ville portuaire de Rumonge est dépassée, tant sur le plan financier que logistique, et ne dispose pas des moyens nécessaires pour faire face à cette crise humanitaire d’ampleur.

Appel urgent à l’aide

Face à cette situation, les autorités locales lancent un appel pressant aux banquiers, commerçants, organisations nationales et internationales, églises et autres bienfaiteurs afin de contribuer financièrement, notamment pour assurer le transport des réfugiés vers un camp situé à l’est du Burundi, en province de Buhumuza.

À Rumonge, les réfugiés manquent de tout : nourriture, eau potable, médicaments, logements, vêtements et autres besoins essentiels. Leur situation sanitaire demeure extrêmement préoccupante, avec un risque élevé d’aggravation de l’épidémie si des mesures urgentes ne sont pas prises.

Une aide encore insuffisante

Le week-end dernier, le diocèse catholique de Bururi a apporté une assistance humanitaire aux réfugiés. Toutefois, selon les autorités locales, cette aide reste largement insuffisante face à l’ampleur des besoins, qualifiée de « goutte d’eau dans l’océan ».

Une crise régionale qui alimente l’exode

La vague actuelle de réfugiés congolais est directement liée à l’intensification des hostilités dans le Sud-Kivu, marquée par la prise de plusieurs localités et cités, dont Uvira, tombée aux mains du M23 dans la nuit du 9 au 10 décembre 2025. La ville se trouve à quelques kilomètres seulement de Bujumbura, la capitale économique du Burundi, où se concentrent les agences des Nations Unies et l’administration centrale.

Réactivé en 2021, le M23, majoritairement composé de Tutsi congolais, contrôle plusieurs localités stratégiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris les chefs-lieux Goma et Bukavu, ainsi que des zones minières essentielles, dont la zone de Rubaya, sur le territoire de Masisi, l’un des plus grands gisements mondiaux de coltan. Ce minerai fournit une part significative du tantale mondial, indispensable à l’industrie électronique et aux nouvelles technologies.

Le mouvement est intégré à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la CENI, qui plaide pour un État fédéral. Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23, tandis que le Rwanda dénonce l’appui présumé de la RDC et du Burundi aux FDLR, un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994.

Depuis mars 2023, le Burundi a déployé plus de 10 000 soldats en RDC pour soutenir les FARDC et les milices locales Wazalendo, ajoutant une dimension régionale à un conflit déjà explosif et alimentant l’afflux massif de réfugiés vers la petite nation de l’Afrique de l’Est.

Bilan sur l’ensemble du territoire burundais

Une trentaine de réfugiés congolais sont morts de choléra sur l’ensemble du territoire burundais, dans quatre sites temporaires et un camp de réfugiés, au cours des deux dernières semaines, selon un décompte de SOS Médias Burundi.

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Photo : des réfugiés congolais, femmes et enfants compris, survivent en plein air à Rumonge sur un site sans aucune norme humanitaire ; le choléra a déjà fait au moins sept morts, décembre 2025. ©SOS Médias Burundi

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