Nord-Kivu : au moins 7 civils tués et plus de 40 blessés dans une frappe de drone à Masisi-Centre
SOS Médias Burundi
Goma, 4 janvier 2026- Une attaque aérienne attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a causé la mort d’au moins sept (7) civils et fait plus de quarante (40) blessés, vendredi 2 janvier 2026, au centre de Masisi, dans la commune rurale du même nom, territoire de Masisi, au Nord-Kivu à l’est du Congo, selon un bilan encore provisoire.
D’après plusieurs témoins, il était aux environs de 13 heures locales lorsqu’un drone de l’armée congolaise aurait largué un engin explosif sur un bâtiment abritant la sous-base de l’ONG War Child. La déflagration a également endommagé plusieurs habitations situées à proximité immédiate du site touché.
Cette opération aérienne a provoqué une vive panique au sein de la population et entraîné la paralysie temporaire des activités socio-économiques dans le centre de Masisi. Les victimes sont essentiellement des civils qui vaquaient à leurs occupations quotidiennes à quelques mètres du lieu du drame.
La MONUSCO condamne fermement la frappe
La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a condamné, ce samedi 3 janvier 2026, la frappe de drone survenue la veille à Masisi-Centre.
« La MONUSCO est profondément préoccupée par des informations faisant état d’une frappe de drone à Masisi-centre. Elle condamne fermement toute attaque, y compris par drones, visant ou affectant des civils et des infrastructures civiles », a indiqué la mission onusienne dans un communiqué.
Selon Médecins Sans Frontières (MSF), 42 personnes, pour la plupart blessées lors de cette attaque, sont actuellement prises en charge à l’hôpital général de référence de Masisi.
La MONUSCO appelle par ailleurs toutes les parties au respect strict du cessez-le-feu et du droit international humanitaire, et exhorte à privilégier la mise en œuvre des accords de paix. Elle réclame également une vérification indépendante des faits ainsi que l’établissement des responsabilités.
Masisi, un territoire stratégique au cœur du conflit
Le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, figure parmi les zones sous contrôle du M23. Il abrite notamment le site minier de Rubaya, l’un des plus importants gisements mondiaux de coltan, un minerai stratégique fournissant une part significative du tantale utilisé dans l’industrie électronique et les nouvelles technologies.

Réactivé en 2021, le M23, majoritairement composé de Tutsis congolais, est intégré à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Le mouvement, qui plaide pour l’instauration d’un État fédéral en RDC, contrôle aujourd’hui plusieurs zones stratégiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dont Goma et Bukavu, chefs-lieux des deux Kivus.
Reprise des combats malgré les initiatives diplomatiques
Quelques heures après la frappe de Masisi, de nouveaux affrontements ont éclaté, ce samedi 3 janvier 2026 au matin, entre les rebelles de l’AFC/M23 et les forces gouvernementales congolaises, appuyées par les milices locales Wazalendo, soutenues par Kinshasa, à Bingaro, dans le secteur de Katoy (territoire de Masisi).
Selon plusieurs sources locales, des combattants de l’AFC/M23, renforcés depuis Kazinga, ont lancé une offensive dans le but de reprendre les villages perdus il y a environ deux semaines, y compris le chef-lieu du secteur de Katoy. Une tentative de progression vers Humura a toutefois été contenue par les forces loyalistes et les Wazalendo, contraignant les rebelles du M23 à rebrousser chemin.
Ces affrontements se poursuivent en dépit de l’accord de Washington, signé le 4 décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine. Le Burundi y a pris part en tant qu’observateur, représenté par le président Évariste Ndayishimiye. Cet accord fait suite à d’autres initiatives diplomatiques, notamment le processus de Doha, initié en mars 2025.
Malgré ces engagements, les deux parties continuent de s’accuser mutuellement de provocations, tandis que la situation sécuritaire reste volatile sur le terrain.
Déplacements massifs et tensions régionales
Les combats de décembre 2025 et du début janvier 2026 ont provoqué le déplacement massif de populations civiles. Environ 90 000 Congolais ont trouvé refuge au Burundi, s’ajoutant à près de 70 000 autres réfugiés accueillis plus tôt dans l’année.
Sur le plan régional, Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23, tandis que le Rwanda rejette ces accusations et dénonce l’appui présumé de la RDC et du Burundi aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis de 1994. Malgré les démentis répétés de Kigali, un rapport du Groupe d’experts des Nations unies, qualifié « d’imposture » par les autorités rwandaises, évoque la présence de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés des combattants de l’AFC/M23.
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Photo : des habitants fuyant la cité de Sake (Masisi) après des combats entre l’armée congolaise et les rebelles du M23. © SOS Médias Burundi
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