Goma : après le bombardement de Masisi, l’AFC-M23 enterre des civils et accuse Kinshasa

Goma : après le bombardement de Masisi, l’AFC-M23 enterre des civils et accuse Kinshasa

SOS Médias Burundi

Goma, 8 janvier 2026 – C’est sous les larmes, le visage ravagé par le chagrin, empreint d’une profonde affliction et de tristesse indicible, que les autorités de l’AFC-M23 ont compatit avec les familles des victimes des bombardements ayant semé la mort et endeuillé les populations civiles de Masisi, attribués au régime de Kinshasa.

Une journée funeste, lourde de douleur, de recueillement, de silence et de sanglots, pour l’ensemble de la communauté de Masisi, encore sous le choc de cette tragédie.

Tout est parti d’un culte œcuménique, organisé dans une atmosphère de deuil profond, de méditation et de prières, afin de rendre les derniers hommages à ces martyrs de la liberté et de la justice, brutalement arrachés à la vie par le régime de Kinshasa, laissant derrière eux des familles brisées et inconsolables.

Au total, dix corps de victimes, majoritairement des enfants et des femmes, tous civils, ont reçu leurs derniers hommages par la population du Nord-Kivu, leurs familles, ainsi que par les autorités politico-militaires de l’AFC-M23, au stade de l’Unité de Goma.

Au cours de cette cérémonie empreinte de gravité et d’émotion, l’administrateur du territoire de Masisi, Emmanuel NDIZEYE Rutebuka, est revenu sur les nombreux actes d’atrocité et de barbarie dont la population civile de Masisi est régulièrement victime, dénonçant avec une voix lourde de tristesse les bombardements aveugles par le régime de Kinshasa, actes qui plongent des foyers entiers dans un deuil permanent et une souffrance sans nom.

De leur côté, les familles des victimes, anéanties par la douleur, ont exprimé leur reconnaissance envers les autorités de l’AFC-M23, d’abord pour la paix restaurée à Masisi depuis l’arrivée du mouvement révolutionnaire. La voix tremblante, les yeux rougis par les larmes, elles ont ensuite condamné et dénoncé l’esprit belliqueux du régime de Kinshasa, qu’elles désignent comme responsable de leur souffrance, de leur deuil et de la perte cruelle des êtres chers.

Même son de cloche pour le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Bahati Musanga Erasto, qui, dans un discours chargé d’émotion, a interpellé la communauté internationale. Il a préconisé des poursuites judiciaires contre Félix Tshisekedi, afin qu’il réponde de ses actes, évoquant notamment des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, responsables de tant de vies fauchées et de familles endeuillées.

Présent à cette grande cérémonie de deuil collectif, le coordonnateur politique de l’AFC-M23, Corneille Nangaa, a rappelé, dans un ton grave et solennel, que l’AFC-M23 demeure pleinement engagé à assurer la protection de la population contre toute menace, d’où qu’elle provienne.

Après les hommages rendus au stade de l’Unité, dans un climat de silence pesant et de prières, le cortège funèbre s’est dirigé vers Masisi, dans la notabilité de Kabatsana, où les corps de plus de vingt-deux civils, victimes des bombardements attribués au régime de Kinshasa, ont été inhumés dans la dignité, sous les pleurs des proches et le recueillement de la communauté.

Avant la clôture de la cérémonie, les autorités du mouvement révolutionnaire ont procédé à un acte hautement symbolique : la construction d’un mémorial, érigé en hommage aux victimes, comme signe de mémoire collective, de compassion éternelle et de respect profond pour les disparus. Les victimes avaient été tuées le 2 janvier 2026, et aucune communication officielle n’a été faite depuis.

Contexte régional tendu

Après les hommages rendus à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, sous contrôle des rebelles depuis janvier 2025, le cortège funèbre s’est dirigé vers Masisi. Goma, la plus grande ville de l’est du Congo, est désormais utilisée comme quartier général politique et militaire de l’AFC-M23.

Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFCM23, entouré de ses deux adjoints, Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki, au stade de l’Unité de Goma, le 8 janvier 2026. ©SOS Médias Burundi
Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFCM23, entouré de ses deux adjoints, Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki, au stade de l’Unité de Goma, le 8 janvier 2026. ©SOS Médias Burundi

Ces événements s’inscrivent dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement tendu dans l’est de la RDC. Le M23, majoritairement composé de Tutsis congolais, est désormais intégré à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). L’AFC plaide pour l’instauration d’un État fédéral en RDC.

L’AFC/M23 contrôle actuellement plusieurs territoires stratégiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris des chefs-lieux et des sites miniers cruciaux, renforçant son influence dans la région et rendant la situation sécuritaire encore plus fragile.

Malgré les démentis répétés des autorités rwandaises, un récent rapport des experts des Nations unies, qualifiés d’« imposteurs » par Kigali, fait état de la présence de 5 000 à 7 000 militaires rwandais aux côtés des rebelles du M23, ce qui accentue les tensions interétatiques et la fragilité sécuritaire de la région des Grands Lacs.

Kinshasa accuse Kigali de soutenir le M23, tandis que le Rwanda accuse la RDC et le Burundi de soutenir les FDLR, un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994. Ces accusations croisées alimentent la méfiance et le risque de nouvelles escalades militaires dans la région. Le Burundi a déployé plus de 29 000 soldats en soutien aux FARDC, l’armée loyaliste congolaise et aux milices locales Wazalendo entretenues par Kinshasa. Mais avec les avancées spectaculaires du M23 dans le Sud-Kivu en décembre 2025 et les lourdes pertes subies par la FDNB (Force de défense nationale du Burundi), la petite nation de l’Afrique de l’Est a rapatrié une grande partie de ses troupes, selon des sources concordantes qui se sont confiées à SOS Médias Burundi.

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Photo : des femmes dévastées pleurent devant les cercueils des victimes des bombardements attribués au régime de Kinshasa à Masisi, lors d’une cérémonie organisée à Goma, le 8 janvier 2026. ©SOS Médias Burundi

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