Mutuelle de la Fonction publique : les députés dénoncent des services jugés défaillants

Mutuelle de la Fonction publique : les députés dénoncent des services jugés défaillants

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 11 janvier 2026 – Les difficultés d’accès aux médicaments auxquelles font face les affiliés de la Mutuelle de la Fonction publique (MFP), en particulier les retraités, ont été vivement dénoncées par les députés lors d’une séance de questions orales tenue mercredi à l’Assemblée nationale. En ligne de mire : la qualité des prestations offertes et la perte de confiance des bénéficiaires.

Des critiques sévères au Parlement

Lors de cette séance, plusieurs députés ont exprimé leur mécontentement face aux prestations de la MFP. Sans mâcher leurs mots, ils ont dénoncé des services jugés insatisfaisants, allant jusqu’à affirmer que certains affiliés préfèrent abandonner cette mutuelle au profit de la Carte d’Assurance Maladie (CAM).

Pour rappel, la CAM, devenue obligatoire depuis une ordonnance de février 2025, s’adresse à tous les ménages et à toute personne de 18 ans révolus ne bénéficiant pas d’une autre couverture médicale. Elle vise à étendre la protection sociale et permet d’accéder aux soins dans les centres publics et agréés moyennant un ticket modérateur. Cependant, sa mise en œuvre rencontre plusieurs défis, notamment le manque de médicaments et de fournitures médicales. Des populations vulnérables reçoivent parfois des cartes par des dons.

Les retraités particulièrement affectés

Selon les interventions des parlementaires, les affiliés à la MFP, surtout les retraités, éprouvent d’énormes difficultés à accéder aux médicaments prescrits. Beaucoup sont contraints de parcourir successivement les pharmacies de la mutuelle, puis des pharmacies privées, à la recherche de produits souvent indisponibles. Lorsqu’ils sont servis, ils reçoivent généralement des médicaments génériques, moins coûteux pour la mutuelle, mais pas toujours adaptés à leurs besoins, ce qui fragilise particulièrement les patients atteints de maladies chroniques.

Vers la mise en place d’une commission d’étude

Face à cette situation préoccupante, le député Dieudonné Manirambona a proposé la création d’une commission chargée d’analyser en profondeur les problèmes de la Mutuelle de la Fonction publique et de formuler des solutions durables. Cette proposition a été saluée et soutenue par le président de l’Assemblée nationale.

Selon ce dernier, la commission sera composée de représentants de la Présidence de la République, de la Primature, ainsi que des ministères de la Santé publique, de l’Intérieur et de la Fonction publique. La coordination de ses travaux sera assurée par la Primature.

Une mission historique mise à mal

Pour rappel, la Mutuelle de la Fonction publique a été créée en 1978 avec pour mission d’assurer la prise en charge médicamenteuse des travailleurs de l’État et des retraités de la fonction publique. Une mission qui, selon les députés, peine aujourd’hui à être pleinement remplie.

Les difficultés rencontrées par la MFP soulignent le risque d’une perte de confiance généralisée des affiliés et mettent en lumière la nécessité urgente de réformes pour garantir un accès réel et durable aux soins de santé pour les fonctionnaires et retraités, en complément ou en parallèle des dispositifs comme la CAM.

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Photo : les bâtiments abritant le siège de la Mutuelle de la Fonction publique à Bujumbura, alors que les parlementaires interpellent le gouvernement sur sa gestion. ©DR/SOS Médias Burundi

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