Burundi : la fuite des enseignants met à genoux le système scolaire

Burundi : la fuite des enseignants met à genoux le système scolaire

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 21 janvier 2026 – Depuis le début de l’année scolaire 2025-2026, le secteur éducatif burundais est confronté à un phénomène préoccupant : l’abandon massif de service par les enseignants. Malgré les efforts du ministère de l’Éducation pour endiguer cette crise, de nombreux enseignants quittent leurs postes, mettant en difficulté le fonctionnement normal des écoles à travers le pays.

Un exode motivé par de faibles salaires et de mauvaises conditions de travail

Selon plusieurs sources, des enseignants et certains responsables scolaires désertent leurs lieux de travail pour chercher de meilleures opportunités à l’étranger. Les destinations principales incluent les pays de la sous-région ainsi que certains États arabes et pays du Golfe, notamment Dubaï, qui est un émirat et la capitale économique des Émirats arabes unis (EAU), un pays fédéral composé de sept émirats.

Les enseignants dénoncent des salaires dérisoires et des conditions de travail jugées déplorables, qui ne leur permettent pas de subvenir correctement à leurs besoins. Cette situation pousse un nombre croissant d’entre eux à quitter le pays en quête de perspectives plus viables.

Le ministère prend des mesures, mais l’impact reste limité

Pour répondre à cette crise, le ministère de l’Éducation a adressé la semaine dernière une note circulaire à tous les directeurs provinciaux, leur demandant de dresser un rapport détaillé sur les enseignants déserteurs. Les responsables scolaires qui ne transmettront pas ces informations s’exposent à devoir rembourser les salaires indûment perçus par les enseignants absents.

À ce jour, le nombre exact d’enseignants ayant abandonné le service reste inconnu. Certaines provinces, comme Burunga au sud du pays, sont particulièrement touchées, avec des communes comme Matana, Rumonge et Nyanza, où plusieurs écoles fonctionnent avec un personnel réduit.

La FENASEB dénonce le retard des réformes

Le président de la Fédération nationale du secteur de l’enseignement au Burundi (FENASEB), Antoine Manuma, a déclaré le 16 janvier 2026 que son organisation regrette que les résolutions des États généraux de l’éducation de 2022 ne soient toujours pas mises en œuvre. Selon lui, ce retard freine considérablement l’amélioration de la qualité de l’enseignement.

Face à cette situation, la FENASEB demande la tenue d’une conférence nationale réunissant tous les acteurs du secteur éducatif afin d’évaluer la mise en œuvre de ces décisions, considérées comme un pilier fondamental des réformes éducatives attendues.

Le président de la FENASEB salue par ailleurs les récentes déclarations du Président de la République sur la dégradation de la qualité de l’enseignement et sur la nécessité d’un redressement rapide.

Pour fidéliser les enseignants et améliorer durablement le système éducatif, Antoine Manuma exhorte le ministère de l’Éducation à appliquer effectivement les recommandations des États généraux de 2022, incluant notamment la revalorisation salariale, condition jugée indispensable pour assurer la stabilité des enseignants et la qualité de l’enseignement au Burundi.

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Photo : un enseignant en pleine séance dans une salle de classe au Burundi. La fuite des enseignants met à mal le système éducatif du pays. ©Crédit photo : Jean Pierre Aimé Harerimana / SOS Médias Burundi

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