Nyankanda : un semestre scolaire sacrifié par le manque d’enseignants et des salaires dérisoires

Nyankanda : un semestre scolaire sacrifié par le manque d’enseignants et des salaires dérisoires

SOS Médias Burundi

Nyankanda, 10 février 2026 – La fin du premier semestre de l’année scolaire 2025-2026 à l’école secondaire du camp de réfugiés de Nyankanda a laissé un goût amer chez les élèves, les parents et même chez les enseignants encore en service. Ce semestre s’est achevé dans un climat marqué par de nombreuses heures de cours chômées, conséquence directe d’un manque persistant d’enseignants.

Le camp de Nyankanda, situé en province de Buhumuza à l’est du Burundi, abrite plus de 12 000 réfugiés congolais. L’école secondaire du camp compte près de mille élèves inscrits, mais depuis le début de l’année scolaire, elle fait face à une vague d’abandons d’enseignants. Faute de remplaçants recrutés à temps, plusieurs heures de cours ne sont pas assurées. Les élèves se retrouvent parfois dehors pendant les cours : certains assis sous les arbres, d’autres circulant librement hors de l’enceinte scolaire, attendant simplement l’heure de rentrer chez eux.

Des salaires dérisoires au cœur de la crise

Selon plusieurs sources, la principale cause de ces départs est la faible rémunération des enseignants. Actuellement, un enseignant perçoit environ 115 000 francs burundais (BIF) par mois, un salaire jugé largement insuffisant face à la flambée des prix sur le marché et aux responsabilités liées au métier.

« Avec 115 000 BIF par mois, alors que les prix augmentent chaque jour, il devient très difficile de subvenir aux besoins de sa famille », explique un enseignant restant en poste. À cette difficulté financière s’ajoutent des problèmes de discipline scolaire et l’ingérence de certaines organisations s’opposant aux mesures disciplinaires, ce qui décourage davantage les enseignants.

Une absence de recrutement préoccupante

Malgré ces départs successifs, l’organisation JRS (Jesuit Refugee Service), en charge de l’éducation au camp, n’a pas encore recruté de nouveaux enseignants pour remplacer ceux qui ont abandonné, laissant un vide inquiétant dans le système éducatif.

Parents et enseignants inquiets

Mutupeke, parent d’un élève, exprime son désarroi :

« Des enfants sont dehors pendant les heures de cours, d’autres entrent et sortent librement de l’école. Quand on leur demande pourquoi, ils répondent qu’il n’y a pas d’enseignants pour certaines heures. Le second semestre commence ce lundi 16 février, et nos enfants ont besoin d’avoir des enseignants à chaque heure de cours. L’éducation est la seule richesse que nous pouvons leur laisser. »

Des femmes et des enfants circulent dans une partie du camp de Nyankanda, dans l’est du Burundi, où les enseignants ont abandonné certaines heures de cours, laissant des élèves sans encadrement éducatif. ©SOS Médias Burundi

Les enseignants encore en poste confirment que beaucoup ont quitté le métier pour se lancer dans de petits commerces ou d’autres activités génératrices de revenus, faute d’un salaire décent et du respect de leur autorité en classe.

Une attente urgente pour le second semestre

À l’approche du second semestre, parents et élèves appellent l’organisation JRS à agir urgemment afin de garantir la continuité des cours et d’offrir aux élèves un encadrement éducatif stable et digne, condition essentielle pour bâtir l’avenir d’une génération entière.

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Photo : des enfants dans une école maternelle au camp de réfugiés de Kavumu à l’est du Burundi ©SOS Médias Burundi

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