Makamba : 7 morts, 7 blessés… la corruption et la surcharge transforment la route en piège mortel
SOS Médias Burundi
Makamba, 14 février 2026 — Un grave accident s’est produit l’après-midi de ce vendredi sur la route nationale n°11, reliant Rutana à Makamba, précisément sur la colline Nyabigina, à l’entrée de la ville de Makamba, chef-lieu de la province de Burunga au sud du Burundi. Sept personnes ont perdu la vie et sept autres ont été grièvement blessées. Derrière ce drame, la surcharge, la corruption aux postes de contrôle et les permis de conduire obtenus sans compétences sont pointés du doigt.
Un drame qui frappe des familles entières
Le véhicule, une Probox conçue pour quatre passagers, transportait quatorze personnes ainsi que leurs bagages lorsqu’il a quitté la chaussée dans une descente avant de percuter des arbres.
Le bilan est lourd : sept morts, dont le chauffeur, et sept blessés graves. Selon des informations recueillies sur place, certains passagers étaient des familles originaires de Karusi, en province de Gitega (centre du Burundi). Elles se rendaient dans la commune de Nyanza pour participer à des festivités organisées par un proche résidant au chef-lieu de Nyanza. Une célébration qui s’est transformée en tragédie.
Le retrait des victimes a pris énormément de temps. Population, policiers et militaires ont dû intervenir ensemble pour extraire les corps et secourir les blessés. Une scène marquée par l’émotion et l’impuissance. Plusieurs victimes ne sont toujours pas formellement identifiées. À l’hôpital provincial de Makamba, la morgue est saturée.
Surcharge et corruption aux postes de contrôle
L’administration et la police ont indiqué que la surcharge était la cause principale de l’accident. Mais pour de nombreux citoyens, la question est plus profonde.
Des chauffeurs affirment que, pour éviter des blocages aux postes de contrôle, ils verseraient régulièrement des pots-de-vin allant de 20 000 à 30 000 francs burundais aux agents de la police de roulage. Certains expliquent qu’ils appellent des collègues passés avant eux pour que ces derniers paient à l’avance. Une fois au poste, il leur suffirait de citer le nom du chauffeur « déjà payé » pour que le policier les laisse passer sans contrôle, parfois en les saluant avec déférence.
Ces pratiques seraient connues des autorités administratives et policières, mais selon plusieurs sources locales, aucune mesure concrète ne semble avoir été prise pour y mettre fin.
Permis de conduire : des irrégularités qui mettent des vies en danger
La corruption ne s’arrêterait pas aux postes de contrôle. Elle toucherait également la délivrance des permis de conduire.
Officiellement, l’obtention légale d’un permis coûte environ 100 000 francs burundais pour un candidat suivant la procédure normale et passant les épreuves requises. Mais plusieurs témoignages affirment qu’il suffirait de payer jusqu’à 600 000 francs pour obtenir un permis sans formation ni maîtrise de la conduite.
Un système qui met sur les routes des conducteurs insuffisamment formés, transformant chaque trajet en risque potentiel.
Quand le système tue
Pour de nombreux habitants de Makamba, l’accident du vendredi 13 février n’est pas seulement le résultat d’une erreur humaine. Il reflète un système fragilisé par la corruption et l’impunité : surcharge tolérée, contrôles contournés, permis délivrés sans compétences réelles… autant de maillons faibles qui, mis ensemble, forment une chaîne mortelle.
Aujourd’hui, sept familles sont endeuillées. Ce drame illustre, une fois de plus, que la corruption et l’impunité transforment les routes du Burundi en véritables terrains de mort.
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Photo : des habitants sur le lieu de l’accident sur la RN11, à l’entrée de Makamba, qui a coûté la vie à sept personnes et en a grièvement blessé sept autres. © DR/SOS Médias Burundi
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