Gitega : deux nouveaux cadavres en 48 heures, l’ombre de l’impunité s’épaissit
SOS Médias Burundi
Gitega, 16 février 2026 – En l’espace d’un week-end, deux corps ont été repêchés dans les rivières Nyakijanda et Mubarazi, dans deux localités différentes de la province de Gitega, au centre du Burundi. Ces découvertes macabres ravivent la peur parmi les habitants et renforcent les critiques sur la capacité des autorités à enrayer la spirale des violences.
Le premier drame a été signalé samedi sur les rives de la Nyakijanda, à la colline Macu, en commune Gitega. Le corps d’Alice Ndimuruvugo, 35 ans, mère célibataire de trois enfants, a été retrouvé emballé dans un sac, les bras et les jambes ligotés. Selon un témoin, la victime était enceinte de huit mois.
La trentenaire avait disparu depuis le dimanche 8 février, comme l’a confirmé le chef de colline de Macu, Audace Nkurikiye. D’après cette source, le meurtre pourrait être lié à des conflits familiaux dans un contexte de concubinage.
Deux hommes, Iréné Mbonwanayo et Séverin Nyawenda, ont été arrêtés dimanche. Ils ont d’abord été placés dans les cachots de la police à Itaba avant d’être transférés ce lundi au commissariat provincial. La police indique qu’ils devront être présentés devant la justice pour répondre des accusations portées contre eux.
Moins de vingt-quatre heures plus tard, un second corps a été repêché dans la rivière Mubarazi, sur les rives de la colline Gaterama, en commune Bugendana. Il s’agit d’un homme dont l’identité n’était pas encore connue au moment de la rédaction de cet article.
La découverte a été confirmée par le chef adjoint de colline, Renate Hatungimana. La dépouille a été transférée à la morgue du centre de santé Busangana pour identification.
Pour de nombreux habitants, ces deux affaires ne sont pas des faits isolés. L’an dernier, Ligue Iteka, pionnière des organisations de défense des droits humains au Burundi et contrainte de travailler depuis l’exil depuis la crise de 2015 déclenchée par le troisième mandat controversé de Pierre Nkurunziza, avait déjà classé la province parmi les zones les plus touchées par les violences meurtrières.
Depuis le début de l’année, une quinzaine de cadavres ont été découverts dans la province, selon un décompte de SOS Médias Burundi. Malgré la répétition des drames, peu de résultats d’enquêtes sont rendus publics et les auteurs présumés sont rarement jugés, dénoncent des habitants.
Pour eux, l’absence de réponses claires des autorités alimente un sentiment d’abandon et renforce l’idée d’une impunité devenue quasi routinière.
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Photo : À Gitega, un secouriste repêche l’un des corps découverts dans une rivière le week-end du 15 février, illustrant l’ampleur tragique des incidents récents. © DR/SOS Médias Burundi
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