Burundi-Tanzanie : rapatriement forcé de réfugiés sous tension, 82 millions de dollars encore manquants
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 5 mars 2026 — Le Burundi a présenté un plan ambitieux pour faciliter le retour et la réintégration des réfugiés, principalement depuis la Tanzanie. Depuis la crise de 2015, plus de 300 000 réfugiés sont déjà rentrés au pays. L’objectif est désormais de rapatrier 100 000 personnes supplémentaires d’ici mi-2026, avec un accompagnement visant une réintégration durable.
Ce lundi 2 mars 2026, lors d’une réunion avec les partenaires internationaux, le plan de retour a été présenté. Depuis le début de l’année, 37 000 réfugiés sont déjà rentrés, soit plus de 8 000 retours par semaine, dépassant largement les prévisions initiales.
Brigitte Mukanga-Eno, représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Burundi, a salué ces retours mais a insisté sur le fait que le rapatriement ne suffit pas. « Le retour doit être accompagné d’une réintégration solide. Sans soutien dans les zones de retour, certains pourraient être contraints de repartir », a-t-elle averti.
Pour soutenir ce programme, un montant de 82 millions de dollars est nécessaire afin de faciliter le rapatriement et la réintégration des 100 000 réfugiés encore présents dans les camps en Tanzanie, mais ce financement n’a pas encore été mobilisé. Les agences des Nations Unies ont réaffirmé leur soutien au gouvernement burundais pour garantir une réintégration réussie dès que les fonds seront disponibles.
Nestor Bimenyimana, directeur général du rapatriement, a annoncé que les camps de Nduta et Nyarugusu fermeront respectivement fin mars et fin juin 2026. Plus de 143 000 réfugiés devraient rentrer au pays avant ces dates. La prochaine étape sera une réunion tripartite à Nyanza en Tanzanie pour finaliser les modalités du retour des 100 000 réfugiés restants.

Nduta, Tanzanie : un réfugié burundais désemparé après la destruction de sa maison, craignant pour la sécurité de sa famille. © SOS Médias Burundi
Sur le terrain, certains réfugiés dénoncent un rapatriement forcé, illustré par la destruction de maisons, d’écoles, de centres de santé et d’autres infrastructures, et crient à la violation de leurs droits sous l’œil impuissant du HCR. Selon des témoignages recueillis par SOS Médias Burundi, certains réfugiés ont commencé à fuir vers d’autres pays de la sous-région et de l’Afrique australe.
Le gouvernement burundais, lui, considère que ce programme de rapatriement et de réintégration contribuera à renforcer la stabilité et le développement du pays, tout en consolidant la cohésion sociale dans les zones de retour.

Nyarugusu, Tanzanie : plusieurs dizaines de réfugiés burundais dorment à même le sol, en attente de rapatriement après la destruction de leurs maisons. © SOS Médias Burundi
La plupart des occupants des camps de Nduta et Nyarugusu avaient fui les violences liées à la crise politique de 2015, déclenchée par le troisième mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.
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Photo : Des réfugiés burundais quittent la Tanzanie sous escorte, février 2026, alors que le rapatriement forcé soulève tensions et inquiétudes dans les camps. © SOS Médias Burundi
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