Bujumbura : deux personnes retrouvées pendues, la mort d’une octogénaire suscite de lourds soupçons
SOS Médias Burundi
Cibitoke, 9 mars 2026 – Les corps sans vie de deux personnes ont été découverts pendus dimanche 8 mars dans deux localités différentes. Tandis que la mort d’une femme de 80 ans soulève de nombreuses interrogations parmi les habitants, un homme de 42 ans aurait laissé une lettre d’adieu dans laquelle il demande pardon à ceux qu’il aurait offensés.
Les deux corps ont été retrouvés suspendus à une corde dans des endroits distincts. Les victimes sont Marie Nahayo, une femme de 80 ans habitant la transversale 6 du quartier Kagazi, en zone Cibitoke, et Éric Ndayisenga, 42 ans, originaire de la sous-colline Rutaba, sur la colline et en zone Nyamakarabo, dans la commune Mugina de la province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi.
Selon des informations recueillies sur place, la mort de l’octogénaire suscite de sérieux doutes parmi les riverains. Plusieurs habitants estiment en effet qu’il serait difficile pour cette femme âgée de s’être elle-même pendue à un arbre situé dans sa cour, faute de force physique suffisante.
Face à ces interrogations, des voix s’élèvent dans le voisinage pour réclamer l’ouverture d’une enquête afin d’établir les circonstances exactes de ce décès et faire toute la lumière sur cette affaire.
Une lettre d’adieu retrouvée
Dans le second cas, celui d’Éric Ndayisenga, des sources locales indiquent qu’il aurait laissé une lettre dans laquelle il demande pardon aux personnes qu’il aurait offensées ou lésées.
D’après certains habitants de la localité, l’homme était connu comme un Imbonerakure, membre de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Il avait la réputation d’entretenir des relations conflictuelles avec plusieurs personnes du voisinage.
Selon plusieurs témoignages, il aurait à plusieurs reprises menacé ou agressé des habitants, se prévalant de son appartenance politique pour se dire intouchable.
Dans la localité, certains habitants disent ne pas regretter sa disparition. Fait inhabituel, peu de personnes se seraient rendues à son domicile le premier jour pour présenter leurs condoléances. Son corps aurait été pris en charge uniquement par les membres de sa famille.
Les autorités locales n’ont pas encore communiqué officiellement sur ces deux décès. Une enquête pourrait permettre d’éclaircir les circonstances exactes de ces drames.
Depuis le début de l’année 2026, la province de Bujumbura a déjà enregistré la découverte d’une trentaine de cadavres. L’an dernier, elle figurait parmi les provinces les plus meurtrières de la petite nation de l’Afrique de l’Est, selon un rapport de la Ligue Iteka, organisation pionnière de défense des droits humains aujourd’hui contrainte de travailler depuis l’exil.
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Photo : Des habitants se rassemblent au bord de la rivière Rusizi, séparant la RDC et le Burundi, sur le lieu d’une double découverte macabre dans la province de Bujumbura, mars 2026. La scène choque et interroge la population locale. © SOS Médias Burundi
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