Migration de travail : Gitega s’inquiète des dérives de certains Burundais à l’étranger

Migration de travail : Gitega s’inquiète des dérives de certains Burundais à l’étranger

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 15 mars 2026 — Le gouvernement burundais appelle les candidats au travail à l’étranger à respecter strictement les procédures légales et les lois des pays d’accueil. L’avertissement a été lancé vendredi par le ministre des Affaires étrangères, Edouard Bizimana, lors d’une conférence de presse tenue à Bujumbura au siège du ministère, sur la situation des Burundais expatriés pour des raisons professionnelles.

Selon le chef de la diplomatie burundaise, 64 agences reconnues par l’État sont actuellement autorisées à recruter et envoyer des travailleurs burundais hors de la petite nation de l’Afrique de l’Est. À ce jour, 21 642 personnes ont déjà bénéficié de ce programme de migration de travail.

La destination principale reste l’Arabie saoudite, qui accueille à elle seule plus de 21 200 travailleurs burundais. D’autres ressortissants sont également employés aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Oman, ainsi qu’en Serbie et en Albanie.

Des passeports abandonnés pour migrer clandestinement

Malgré cette organisation, certaines pratiques préoccupent les autorités. Le ministre a révélé que plus de 140 passeports burundais ont été retrouvés dans des poubelles en Europe, notamment en Serbie.

Selon lui, certains travailleurs arrivés dans ce pays abandonnent volontairement leurs documents de voyage afin de tenter de rejoindre clandestinement d’autres pays européens.

« Ces comportements ternissent l’image du Burundi à l’étranger », a déclaré Edouard Bizimana, ajoutant que ces actes compliquent également le travail des services consulaires.

Des cas de fraude en Corée du Sud

Les autorités burundaises suivent également la situation de leurs ressortissants en Corée du Sud. D’après le ministère des Affaires étrangères, 240 Burundais y sont impliqués dans des affaires de falsification de documents.

Le gouvernement indique ne pas encore savoir si ces personnes feront l’objet d’une expulsion vers leur pays d’origine. Des sanctions pourraient toutefois être envisagées si les infractions sont confirmées.

Environ 4 000 Burundais détenus en Tanzanie

La situation des Burundais incarcérés à l’étranger constitue également une source d’inquiétude pour Gitega. Le ministre a indiqué qu’environ 4 000 ressortissants burundais sont actuellement détenus en Tanzanie pour non-respect de la législation locale.

Le ministère affirme travailler avec l’ambassade du Burundi à Dar es-Salaam afin d’examiner les possibilités de leur libération et de leur rapatriement.

Face à ces situations, le gouvernement appelle les citoyens désireux de travailler à l’étranger à suivre les procédures officielles et à respecter les lois des pays d’accueil.

Pour Edouard Bizimana, la migration de travail représente une opportunité importante pour l’économie nationale et pour les familles burundaises, mais elle doit se faire dans un cadre légal et responsable afin de préserver l’image du pays.

Le ministre n’a toutefois pas précisé la période exacte durant laquelle ces milliers de Burundais ont quitté le pays dans le cadre de la migration de travail. Ces dernières années, la recherche d’un emploi à l’étranger est devenue une option de plus en plus privilégiée par de nombreux jeunes de la petite nation de l’Afrique de l’Est confrontés au manque d’opportunités économiques.

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Photo : une Burundaise arrive à l’aéroport de Bujumbura à bord d’un bus avant de prendre un vol qui l’emmène en Arabie Saoudite, le 17 mai 2023. ©SOS Médias Burundi

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