Nyarugusu : World Vision stoppe l’aide alimentaire face aux exclusions injustes
SOS Médias Burundi
Nyarugusu, 15 mars 2026 — La distribution de l’aide alimentaire aux réfugiés burundais du camp de Nyarugusu, en Tanzanie, a été suspendue mardi par l’ONG World Vision jusqu’à nouvel ordre. Cette décision intervient après que l’administration du camp a retiré plusieurs centaines de réfugiés burundais des listes de bénéficiaires de l’assistance pour le mois de mars.
Retrait des listes : des centaines de réfugiés exclus
Le début du mois de mars avait sonné l’ouverture des distributions de vivres. Mais à leur arrivée sur les lieux, plus de 600 réfugiés burundais ont découvert qu’ils n’étaient plus éligibles à l’assistance. World Vision, chargée de la distribution pour le compte du Programme alimentaire mondial (PAM), a été elle aussi surprise et a immédiatement renvoyé les réfugiés vers les bureaux du HCR et de l’administration du camp pour clarification.
L’administration du camp a finalement confirmé qu’elle était à l’origine de cette décision. Selon le président du camp, les réfugiés concernés ont vu leurs cartes retirées du système et sont considérés comme rentrés chez eux. Il a rappelé : « Chaque semaine, nous devons retirer du système plus de 600 personnes. Passez au bureau d’enregistrement pour retourner dans votre pays et obtenir tout ce dont vous avez besoin. »
World Vision dénonce une violation des droits des réfugiés
Face à cette mesure, World Vision a décidé de suspendre l’ensemble de la distribution d’aide alimentaire. « Nous ne pouvons pas continuer ainsi ! C’est inadmissible. Personne ne devrait manquer d’assistance tant qu’il est encore présent dans le camp », ont déclaré des agents de l’ONG.

Les réfugiés burundais saluent cette décision : « Si les humanitaires exprimaient également leur indignation face à la démolition de nos habitations, peut-être que la situation changerait ! », confient-ils, espérant que cette mobilisation permette de trouver une solution rapide.
Retour « forcé » et destruction des abris
Sur place, une source rapporte que les enregistrements pour un retour dit « forcé » s’intensifient. « Les centres de transit sont pleins à craquer ! », regrette-t-elle, précisant que la moitié du camp burundais a déjà été démolie.
Le camp de Nyarugusu abrite aujourd’hui plus de 50 000 réfugiés burundais, qui cohabitent avec plus de 60 000 réfugiés congolais, vivant dans des conditions déjà très difficiles.
World Vision appelle les autorités du camp et les partenaires humanitaires à garantir que tous les réfugiés présents reçoivent une assistance alimentaire, conformément aux droits humains et au mandat du HCR.
Les autorités tanzaniennes, les gouvernements burundais et tanzanien, ainsi que le HCR, se sont convenus que la partie de Nyarugusu abritant les réfugiés burundais devrait fermer fin juin prochain.
________________________________________________
Photo : des réfugiés burundais rapatriés des camps de Nduta et Nyarugusu arrivent à Buhumuza, à l’est du Burundi, après la destruction de leurs habitations et la suspension de l’aide alimentaire, février 2026. © SOS Médias Burundi
You might also like
Mulongwe : les réfugiés burundais persécutés
Des hommes armés font ces derniers temps incursion dans le camp de réfugiés burundais de Mulongwe, province du Sud-Kivu à l’est de la RDC. Ils volent leur bétail. De l’autre
Nduta-Nyarugusu (Tanzanie) : une remise et reprise entre humanitaires qui coûte cher aux bénéficiaires
Depuis plus d’une semaine , certaines ONGs humanitaires sortent des camps pour laisser place aux nouvelles qui doivent continuer la prise en charge des réfugiés. C’est notamment dans les domaines
Nyarugusu (Tanzanie) : interdiction de couper les arbres
Une mise en garde a été donnée par l’administration du camp de ne plus couper des arbres dans le camp. Le contrevenant risque le rapatriement forcé. (SOS Médias Burundi) Le
