Nduta (Tanzanie) : une réduction de presque 50% sur la ration alimentaire des réfugiés


Une pancarte de la zone C du camp de Nduta

En juillet dernier la ration avait été aussi réduite en raison de 17% selon les bénéficiaires. Pour le moment, une autre réduction vient d’être opérée par le HCR. Le menu est presque réduit à 50% au camp de Nduta. Les réfugiés burundais crient au secours et dénoncent des manoeuvres de pression pour les contraindre de rentrer au pays. (SOS Médias Burundi)

Au camp de réfugiés burundais de Nduta en Tanzanie, l’heure est à l’approvisionnement en ration alimentaire pour le mois d’octobre.

Ces Burundais disent être surpris de voir la quantité de leur ration réduite jusqu’à 30%.

“Imaginez vous recevoir 6kg de farine de maïs pour couvrir tout un mois. C’est en fait une façon de nous affamer pour que nous puissions céder et rentrer chez nous”, disent-ils. Cette réduction concerne aussi d’autres produits comme l’huile, le sel de cuisine, les grains de maïs et la farine.

En juillet dernier, ces réfugiés avaient dénoncé une réduction de 17% sur leur ration alimentaire.

Pour le moment, avec une autre diminution de l’alimentation, ils disent être dépassés.

“Plutôt la quantité devrait être augmentée car chaque mois il y a des rapatriements et depuis le mois de mai dernier au moins 3000 personnes sont rentrées, où est passé alors leur ration? C’est vraiment incompréhensible”, se désolent-ils.

Le HCR évoque un problème de budget mais selon ces réfugiés burundais, ces arguments ne sont pas convainquants.

“Le budget est fait normalement sur une échéance d’une année. Donc c’est dire que ces diminutions de la ration ont d’autres visées que nous ignorons”, laissent-ils entendre.

En juillet, le HCR avait indiqué que ces réductions sont dues à la pandémie de Covid-19.

“La réduction des rations est, en partie, causée par un ajustement des coûts pour tenir compte de l’augmentation des coûts de distribution liée à la nécessité d’atténuer le risque de transmission du Coronavirus. Le programme d’alimentation complémentaire pour le traitement et la prévention de la malnutrition modérée reste néanmoins à 100%”, a réagi le chargé de la communication au HCR-Tanzanie, Edward Ogolla.

Il a rejeté ces accusations selon lesquelles cette diminution de la ration constituerait une forme de pression aux réfugiés pour rentrer, rappelant que les retours sont volontaires.

La Tanzanie abrite plus de 160.000 Burundais dont près de la moitié sont dans le seul camp de Nduta.

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Photo: l’entrée de la zone C du camp de Nduta