Sensible réduction des médicaments remboursables par la mutuelle de la fonction publique


La nouvelle liste de médicaments couverts par la mutuelle de la fonction publique suscitte des remous au sein des affiliés. L’effectif des médicaments remboursables est passé de plus de 2000 à 826. (SOS Médias Burundi)

La mutuelle de la fonction publique a sorti une nouvelle liste de médicaments dont peuvent bénéficier ses affiliés. Ces médicaments sont passés de plus de 2000 à 826.

La direction générale de la mutuelle s’est expliquée. « Nous voulons lutter contre la fraude. Les grossistes des médicaments s’approvisionnent dans plusieurs pays comme le Kenya, l’Inde, et ailleurs. Leurs fournisseurs leur donnent des médicaments génériques mais dans de nouveaux emballages, et du coup, ils disent qu’il s’agit des médicaments dits spécialités, donc plus chers », a dit la directrice des prestations Noëlla Uwineza, dans une conférence de presse.

Et à la directrice générale de la mutuelle de souligner qu’il s’agit d’une pratique frauduleuse. « Donc le médecin qui prescrira à un patient un médicament croira que c’est un médicament dit spécialité à cause seulement du nouvel emballage mais vu la composition chimique, le patient prendra un médicament générique. C’est-à-dire que ce médicament coûtera cher alors qu’il devrait être à bas prix », a expliqué Annonciata Sindazirasa. « Non seulement, ce sera un vol contre les affiliés mais aussi contre la mutuelle, elle qui rembourse », a-t-elle ajouté.

Les affiliés de leur part se disent victimes de ce changement. « Le médecin m’a prescrit un médicament contre l’hypertension. Je devrais prendre un comprimé chaque jour, mais ça fait 5 jours qu’on me dise que le médicament n’est plus couvert par la mutuelle. Les derniers examens montrent que mon état de santé se détériore du jour au lendemain », se lamente un retraité contacté par SOS Médias Burundi, qui demande à la mutuelle et au ministère de la santé de prendre des décisions qui ne mettent pas en danger la santé des malades.

L’organisation Cadre d’expression des malades au Burundi (Cemabu) dénonce la décision de la mutuelle de la fonction publique. « La charge va peser sur les affiliés alors qu’ils n’ont pas de moyens. Le malade qui se verra prescrit un médicament dit spécialité ne bénéficiera plus de son statut d’affilié de la mutuelle. Le moment de prendre cette décision est également inopportun vu que les frontières sont fermées à cause de la Covid-19 », a précisé Sylvain Habanabakize, porte parole du Cemabu.