Matana : des millions engloutis, bureaux fantômes — le scandale des chantiers abandonnés
SOS Médias Burundi
Burunga, 29 mars 2026 — Dans la commune de Matana, en province de Burunga, dans le sud du Burundi, la construction inachevée de plusieurs bureaux zonaux alimente une vive polémique. Alors que les fonds destinés à ces infrastructures auraient déjà été entièrement décaissés par le gouvernement, certains chantiers restent à l’arrêt ou accusent des retards inexpliqués.
Selon des sources administratives locales, le programme national de construction des bureaux zonaux prévoyait un budget d’environ 200 millions de francs burundais par bâtiment à travers le pays. Les marchés ont été attribués à différentes entreprises de construction, sous la supervision du Fonds National d’Investissement Communal (FONIC), maître d’ouvrage placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur.
Dans la commune de Matana, qui compte 15 zones, les travaux sont achevés dans 11 d’entre elles. En revanche, quatre bureaux zonaux restent inachevés.
Parmi ces derniers, deux sont en phase de finalisation, tandis que deux autres, notamment dans les zones Ndago et Gasibe, stagnent depuis près d’une année, sans avancée significative.
Des services publics paralysés
Cette situation n’est pas sans conséquences pour l’administration locale. Selon plusieurs responsables, le personnel de certaines zones est contraint de travailler dans des conditions précaires, faute de bureaux fonctionnels.
« Nous avons des difficultés à exercer correctement nos fonctions. Il est difficile de servir la population sans infrastructures adaptées », confie une source administrative locale.
Des fonds déjà décaissés, mais des chantiers bloqués
Le blocage des travaux suscite d’autant plus d’interrogations que, selon les déclarations du président Évariste Ndayishimiye, les fonds destinés à ces constructions auraient déjà été débloqués.
Le gouvernement prévoit pourtant de procéder à la réception des bâtiments déjà achevés, tandis que le mobilier destiné à équiper ces bureaux a déjà été livré.
Récemment, le chef de l’État a publiquement fustigé le manque de suivi de certains responsables administratifs locaux dans l’exécution de ces travaux.
Soupçons de corruption et responsabilités partagées
Mais pour plusieurs observateurs, la responsabilité ne saurait se limiter au niveau local. Le FONIC, chargé de superviser les travaux et les entreprises attributaires des marchés, est également pointé du doigt.
D’après certains employés d’entreprises impliquées dans ces projets, des pratiques de corruption au sein de cette institution seraient à l’origine des retards et de la mauvaise exécution de certains chantiers.
Ces accusations, si elles étaient confirmées, viendraient renforcer les inquiétudes sur la gestion des fonds publics dans un programme censé rapprocher l’administration des citoyens.
Un porte-parole du FONIC n’était pas disponible pour réagir à ces allégations au moment de la publication de cet article.
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Photo : Le chef-lieu de la commune de Matana, en province de Burunga, où plusieurs bureaux zonaux restent inachevés malgré les fonds déjà décaissés. © DR/SOS Médias Burundi
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